L’Université Al Akhawayn à Ifrane (UAI) a été classée première université marocaine et maghrébine par…
Digital et cybersécurité: «Al Akhawayn peut former les compétences nécessaires au Maroc», affirme Jouahri
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L’Université Al Akhawayn entend renforcer son rôle dans la formation des compétences stratégiques du Maroc. Une ambition que Abdellatif Jouahri et Amine Bensaid ont mis en avant lors d’une conférence tenue mercredi à Rabat.
Forte du succès de son précédent contrat avec le gouvernement visant à former 10 000 ingénieurs, l’Université Al Akhawayn d’Ifrane ambitionne désormais de prendre en charge la formation des compétences nécessaires au Maroc dans les domaines du digital et de la cybersécurité.
Cet engagement a été au cœur de la conférence de presse tenue hier à Rabat, au siège de Bank Al-Maghrib, institution dont le président Abdellatif Jouahri siège au Conseil d’Administration de l’université.
Cet événement avait pour objectif de dresser le bilan du quinquennat 2025-2030. Lors de son intervention, Abdellatif Jouahri, aux côtés d’Amine Bensaid, président de l’université, a salué les performances de l’établissement. «Al Akhawayn a réussi beaucoup de choses par le passé, notamment le contrat pour former 10 000 ingénieurs», a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter : «nous passons maintenant à des domaines comme le digital, le numérique et la cybersécurité. Vraisemblablement, nous allons proposer au gouvernement le même contrat, afin de travailler au service du pays». Un volontarisme que le président de Bank Al-Maghrib relie directement à la vocation non lucrative de l’université.
À cet égard, Abdellatif Jouahri a rappelé la mission première assignée à l’Université Al Akhawayn par son dahir fondateur : assurer un enseignement de qualité, tout en garantissant des emplois à haute valeur ajoutée aux lauréats. «Ce contrat est rempli», affirme-t-il, en s’appuyant sur les résultats d’enquêtes menées par des consultants extérieurs. Selon ces études, le taux d’employabilité des diplômés s’élève à 84 %, sans compter ceux qui poursuivent leurs études à l’étranger.
Un modèle inclusif et une reconnaissance internationale
Le bilan de l’université met également en avant le facteur inclusion. Abdellatif Jouahri souligne un taux de féminisation élevé parmi les étudiants : «54 % de filles et 46 % de garçons, ce qui montre que les familles font confiance à Al Akhawayn et que nous avons une réelle adaptabilité. Au fur et à mesure des évolutions conjoncturelles et paradigmatiques, nous essayons d’être au rendez-vous».
De plus, l’université, dont le système est entièrement américanisé, bénéficie de la certification NECHE, obtenue initialement pour cinq ans avant d’être renouvelée pour dix ans. «Al Akhawayn est la seule université au Maroc accréditée selon le système éducatif américain», précise Abdellatif Jouahri, insistant sur l’importance de préserver cette certification rigoureusement, compte tenu des contrôles continus opérés sur cette accréditation.
Une infrastructure renforcée pour accueillir davantage d’étudiants
Dans la continuité du bilan, Abdellatif Jouahri a mis en lumière les efforts réalisés en matière de logistique et de commodités d’étude. Ces améliorations se sont notamment traduites par la construction de 14 nouveaux bâtiments, destinés à augmenter la capacité d’accueil du campus et permettre à un plus grand nombre d’étudiants de rejoindre l’établissement.
De son côté, Amine Bensaid a insisté sur l’impact socio-économique de l’université. S’il est difficile de mesurer cet impact directement dans les comptes nationaux, il a exposé plusieurs indicateurs révélateurs. Parmi eux, la distribution de bourses, qui permet aux étudiants issus de familles modestes d’accéder à un enseignement de qualité et d’avoir une meilleure insertion sociale. « 55 % des étudiants en bénéficient », précise-t-il.
«Former un capital humain de qualité est une contribution essentielle», poursuit Amine Bensaid. Il rappelle qu’à ce jour, 8 000 lauréats ont été formés par Al Akhawayn, avec 70 % travaillant au Maroc et 30 % exerçant leur expertise à l’international. «Notre impact se traduit aussi dans la contribution à l’économie régionale, la coopération nationale et la recherche et développement», ajoute-t-il.
L’intelligence artificielle, un enseignement intégré depuis 1995
Enfin, sur le volet technologique, Amine Bensaid a mis en avant l’expertise de l’université en intelligence artificielle. «Al Akhawayn enseigne l’IA depuis 1995, avec des formations en Master et Bachelor», souligne-t-il.
Cette technologie est désormais considérée comme une approche méthodologique plutôt qu’un simple outil. «L’IA devient une manière de faire plutôt qu’un simple instrument», conclut-il. Une approche que l’université applique en l’intégrant dans l’ensemble de ses programmes académiques.
En somme, l’Université Al Akhawayn ne se contente pas d’assurer une formation académique, elle s’inscrit dans une dynamique de transformation au service du pays. En proposant d’accompagner le Maroc dans le digital et la cybersécurité, elle affirme une ambition claire : bâtir des compétences stratégiques adaptées aux défis de demain.
Un pari qui, s’il se concrétise, pourrait renforcer l’autonomie technologique nationale et consolider la place du Maroc sur l’échiquier international.
