Khalid Safir, que le Roi Mohammed VI a nommé, mercredi, Directeur général de la Caisse…
CDG: gestion déléguée, souveraineté, investisseurs… Khalid Safir trace la nouvelle feuille de route
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Intervenant à la 3e conférence annuelle de l’Association des sociétés de gestion de fonds et d’investissement au Maroc (ASFIM), tenu jeudi à Rabat, Khalid Safir, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté financière du pays, de consolider le rôle catalyseur de son institution, et d’élargir la base des investisseurs pour diversifier les instruments de financement.
C’est un Khalid Safir égal à lui-même qui s’est exprimé devant un auditoire de plus de 500 acteurs de la gestion d’actifs réunis dans le cadre de la 3e conférence annuelle de l’ASFIM, jeudi à Rabat. Situant son intervention dans le cadre d’un témoignage aux professionnels du secteur, le directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a rappelé, d’emblée, que l’épargne constitue un levier stratégique pour le Maroc.
«L’épargne est avant tout une ressource de souveraineté. Elle garantit la continuité de l’investissement, réduit notre dépendance aux capitaux extérieurs et offre au Maroc la capacité de financer son propre développement. L’épargne d’aujourd’hui, ce sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain», a-t-il affirmé.
Dans cette logique, la CDG se positionne comme l’acteur central chargé de collecter, sécuriser et transformer l’épargne réglementée en investissements durables et productifs. Khalid Safir a insisté sur la double mission de l’institution qu’il dirige: sécurisation et impact. Cette architecture permet, selon lui, de soutenir des projets d’envergure dans les infrastructures, les énergies renouvelables, l’industrie, le logement ou encore l’innovation, tout en investissant de manière significative dans les compartiments des marchés de capitaux.
Il a également souligné que la CDG agit dans une logique d’additionnalité, intervenant là où le secteur privé ne peut pas s’engager seul. «C’est notre rôle de catalyseur, un investisseur patient au service de la transformation de l’économie de notre pays», a-t-il déclaré, tout en rappelant que l’épargne nationale doit être orientée vers des projets structurants capables de stimuler la croissance et l’emploi.
La CDG, catalyseur et architecte ouvert du marché des capitaux
Poursuivant son message, Safir a indiqué qu’au-delà de son rôle de sécurisation, la CDG entend renforcer sa fonction de catalyseur en dynamisant le marché des capitaux. Il a de ce fait mis en avant une transformation profonde des modes opératoires de l’institution, désormais orientés vers une logique d’architecture ouverte. Ce qui induit un nouveau positionnement: «J’insiste sur cette logique d’architecture ouverte. Il est temps que la CDG se remobilise sur d’autres chantiers plus stratégiques en déléguant de plus en plus les opérations aux acteurs du marché.»
A l’en croire, cette délégation, qui représente déjà près de 22 milliards de dirhams d’actifs sous gestion confiés à des gestionnaires externes, sera renforcé d’une enveloppe supplémentaire de 15 MMDH aux OPCVM, à travers de nouveaux appels d’offres. Et cela, «dans les très courts termes», a-t-il précisé, ajoutant que cette orientation traduit une confiance renouvelée envers les sociétés de gestion d’actifs et exprime une volonté de favoriser la collaboration, la transparence et la compétitivité au sein de l’écosystème financier national.
Safir a, en outre, rappelé que les OPCVM occupent une place centrale dans les portefeuilles de la CDG depuis plus de 25 ans. Ces instruments ont permis de démocratiser l’investissement, d’offrir un cadre sécurisé et de canaliser les ressources vers l’économie réelle. « Les OPCVM ont été des outils éprouvés qui ont permis de structurer le marché et de soutenir l’économie nationale », a-t-il relaté.
Les défis de diversification et d’élargissement de la base des investisseurs
Si les avancées sont notables, des défis majeurs restent à relever. Le premier concerne l’élargissement de la base des investisseurs. «Aujourd’hui, le marché propose des produits adaptés à tous les profils (…) Mais il faut aller encore plus loin, continuer à innover, à créer de nouveaux instruments financiers et à adapter nos offres aux attentes spécifiques de chaque investisseur, particulier ou institutionnel », a soutenu Khalid Safir.
Le second défi est celui de la diversification des instruments financiers. Le patron de la CDG a rappelé que près de 80 % des fonds collectés restent investis en banques et trésors, traduisant un marché encore prudent et insuffisamment orienté vers le financement productif. Pour inverser cette tendance, la CDG introduit progressivement de nouveaux outils tels que les fonds de dette, les project bonds ou encore les instruments hybrides.
«Pour que le marché des capitaux joue pleinement son rôle de moteur de la croissance, il faut continuer d’innover et de développer de nouveaux instruments financiers adaptés aux besoins des investisseurs et aux projets stratégiques de notre pays», a-t-il affirmé. Et de préciser: «Cela inclut, par exemple, le déploiement de fonds de dette structurés ou d’instruments hybrides qui permettent de financer des projets productifs tout en sécurisant les investissements.»
Enfin, il a insisté sur la nécessité de renforcer la culture de l’investissement et de sensibiliser le grand public à l’importance du marché des capitaux. «Dans les économies développées, le financement repose majoritairement sur les marchés de capitaux, contrairement à notre modèle encore centré sur le crédit bancaire», a-t-il observé, appelant à «évoluer vers un modèle plus équilibré, capable de soutenir l’investissement productif, l’innovation et la croissance privée».
Clôturant son propos, Khalid Safir a salué la synergie institutionnelle et partenariale qui permet de renforcer l’attractivité et la crédibilité du marché des capitaux marocain. « C’est grâce à cette synergie que nous pouvons ensemble bâtir un écosystème d’investissement moderne, inclusif et résilient au service de notre économie nationale », a-t-il conclu, plaçant la CDG au cœur de la mobilisation de l’épargne nationale pour financer les grands projets de demain.
