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Banque mondiale: 83% des entreprises au Maroc sont informelles
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La Banque mondiale prévoit une croissance modeste pour la région MENA en 2024-2025, tout en insistant sur le rôle crucial d’un secteur privé dynamique, actuellement freiné par une faible productivité.
Dans son dernier rapport intitulé « Changer de vitesse: le secteur privé, moteur de la croissance », la Banque mondiale (BM) projette pour la région MENA une croissance modeste de 1,9% en 2024, suivie d’une progression modérée à 2,6 % en 2025. Ces perspectives restent toutefois soumises, selon l’institution de Bretton Woods, à une forte incertitude en raison de l’évolution rapide de l’environnement mondial.
Ce rapport met notamment en lumière le rôle central du secteur privé dans la relance de la croissance, la création d’emplois et la stimulation de l’innovation. Il souligne que l’absence d’un secteur privé dynamique freine la croissance dans la région, y compris, et particulièrement, au Maroc.
«La région continue de sous-utiliser son capital humain, les femmes étant largement exclues du marché du travail. Les entreprises ont tout à gagner à promouvoir les femmes à des postes de direction, car elles ont tendance à recruter davantage de femmes à leur tour. Réduire les inégalités entre les sexes en matière d’emploi pourrait permettre d’augmenter le revenu par habitant d’environ 50% dans une économie typique de la région MENA», explique Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
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Selon les dernières données disponibles, issues d’enquêtes de la BM menées auprès des entreprises formelles, la croissance des ventes par travailleur a diminué en moyenne de 8%. Cette baisse est bien pire que dans les pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure (-0,4%), les pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure (0,4%) et les pays à revenu élevé (2,4%). Bien qu’elle varie considérablement d’un pays à l’autre, allant de -15% en Égypte à -1,2% au Maroc, la croissance des ventes par travailleur demeure négative dans l’ensemble de la région.
Cap sur l’innovation
Pour stimuler la productivité, la BM recommande d’investir dans divers facteurs de production et dans l’innovation. Cependant, peu d’entreprises de la région investissent ou innovent. En moyenne, 21,7% des entreprises de la région MENA investissent dans le capital physique, une proportion bien inférieure à celle de pays à revenu comparable.
Environ 14,5 % des entreprises de la région proposent des formations structurées, une forme d’investissement dans le capital humain, ce qui représente moins de la moitié de la moyenne constatée dans les pays à revenu intermédiaire. Ces faibles taux d’investissement dans le capital physique et humain vont de pair avec de faibles taux d’innovation (produits et procédés) et de faibles dépenses en recherche et développement (R & D).
Prédominance de l’informel
Au Maroc, les entreprises les plus productives ne se développent pas suffisamment pour conquérir une part de marché plus importante. Cela a probablement contribué à la faible croissance de la productivité, notamment en raison de la segmentation historique entre le secteur formel et le secteur informel, à de l’exclusion des femmes de la population active.
Au Maroc, le secteur informel représente 10% à 30% de la production totale et 40% à 80% de l’emploi total, précise le rapport. Selon la même source, environ 83% des entreprises au Maroc sont informelles, ce qui souligne la nécessité de comprendre les motivations derrière les choix commerciaux. Pourtant, les données sur les entreprises informelles sont rares.
« Un secteur privé performant est essentiel pour promouvoir une croissance durable et la prospérité dans la région. Pour concrétiser ce potentiel, les gouvernements doivent pleinement assumer leur rôle de garants de marchés concurrentiels», souligne Roberta Gatti, économiste en chef de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
