Envolée du carburant : la Confédération des TPE‑PME exige « un accompagnement sérieux et structuré de l’État »

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Carburant Maroc
Depuis le 16 mars dernier, 2 DH de plus a été rajouté au prix du carburant au Maroc

Face à une nouvelle flambée jugée injustifiée des prix du carburant, la Confédération marocaine des TPE‑PME dénonce des pratiques spéculatives des sociétés pétrolières et accuse l’État de laxisme. Elle exige « un accompagnement sérieux et structuré » pour éviter l’asphyxie d’un tissu entrepreneurial déjà fragilisé par des crises successives.

Dans un récent communiqué, la Confédération dénonce une « manœuvre spéculative inacceptable ». Selon elle, les sociétés pétrolières vendent actuellement du carburant acheté à bas prix, tout en invoquant la guerre pour imposer des tarifs alignés sur les cours internationaux. «La réalité est sans équivoque : ces sociétés vendent aujourd’hui du carburant acheté à bas prix, en invoquant la guerre pour imposer des tarifs qu’elles n’ont pourtant pas supportés», souligne le texte.

La Confédération rappelle que la réglementation impose aux opérateurs de constituer 60 jours de réserves stratégiques avant d’exercer sur le marché. Or, les sociétés ne disposeraient que de 30 jours de stock, constitué avant l’escalade militaire. Cette situation, selon l’organisation, constitue une violation flagrante des obligations légales.

Le communiqué revient sur la nuit du 15 au 16 mars, qualifiée de « scandale sans précédent ». La majorité des stations‑service auraient augmenté leurs prix de deux dirhams par litre avant toute autorisation officielle, certaines allant jusqu’à fermer leurs portes pour rouvrir le lendemain avec les nouveaux tarifs. «Ces comportements constituent des infractions caractérisées à la réglementation en vigueur. Ils auraient dû donner lieu à des contrôles immédiats», déplore la Confédération.

Face au pic du carburant, les TPME à bout de souffle

abdallah el fergui
                                                                 Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE et PME. DR

Pour la Confédération, cette nouvelle flambée du carburant s’ajoute à une série de crises qui ont fragilisé les petites entreprises : pandémie, sécheresse, guerre en Ukraine, inflation. Elle dresse un bilan lourd : 150 000 faillites en quatre ans, dont 99 % de TPE. Sur l’année 2026, la Confédération redoute plus de 60 000 disparitions supplémentaires. «Nos TPE‑PME et auto‑entrepreneurs ne peuvent plus absorber de nouvelles crises sans un accompagnement sérieux et structuré de l’État», avertit Abdellah El Fergui, président de la Confédération.

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Son organisation exige donc une régulation immédiate des prix à la pompe, un audit indépendant des stocks pétroliers et un plan de soutien concret aux petites entreprises. Elle appelle également le Conseil de la concurrence à enquêter sur les pratiques oligopolistiques des grands groupes. Enfin, elle lance un appel à la mobilisation générale des syndicats, associations et élus pour contrer ce qu’elle décrit comme une « capture oligarchique » du secteur énergétique.

Face à sa considération de lobbys puissants profitant des crises pour s’enrichir, la Confédération des TPE‑PME prévient : le silence de l’État risque de pousser toute une génération d’entrepreneurs à bout.

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