Les marges brutes par litre des carburants, gasoil et essence, ont connu une évolution contrastée…
Carburant: au Maroc, les distributeurs conservent leurs marges malgré la baisse des coûts
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Le Conseil de la concurrence a publié son 7e reporting trimestriel sur le suivi des engagements des neuf principales sociétés de distribution de carburant au Maroc. Si les importations ont reculé en valeur au deuxième trimestre 2025, les marges commerciales brutes des opérateurs, elles, continuent de se maintenir à des niveaux élevés.
Le dernier rapport du Conseil de la concurrence, couvrant le deuxième trimestre 2025, met en lumière les dynamiques d’ajustement des prix et des marges des neuf principales sociétés de distribution de carburant au Maroc. La conclusion est claire: alors que les coûts d’approvisionnement à l’international ont chuté, cette baisse n’a été que partiellement répercutée sur les prix de cession nationaux, permettant aux marges brutes de ces opérateurs de rester stables par rapport à l’année précédente.
Déconnexion entre coûts d’achat et prix à la pompe
L’analyse du Conseil de la concurrence se concentre sur la corrélation entre les variations des cotations internationales CIF (Coût, assurance et fret), les coûts d’achat réels des distributeurs et les prix de cession appliqués aux stations-service.
Pour le gasoil, les cotations CIF ont reculé de 0,73 DH/L. Le coût d’achat moyen HT a baissé encore plus fortement (-0,98 DH/L), mais le prix de cession HT n’a diminué que de 0,47 DH/L. L’écart de 0,51 DH/L traduit une absorption partielle de la baisse des coûts par les distributeurs.
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Pour l’essence, les cotations CIF sont restées quasi stables (-0,03 DH/L). Le coût d’achat moyen a reculé de 0,61 DH/L, tandis que le prix de cession n’a baissé que de 0,32 DH/L. L’écart atteint 0,29 DH/L, confirmant une logique de compensation déjà observée dans les précédents reportings.
Marges brutes stables malgré la baisse des prix
La conséquence directe de cette répercussion partielle est la stabilité des marges brutes commerciales. Au deuxième trimestre 2025, la marge brute moyenne pondérée s’est établie à 1,17 DH/L pour le gasoil et 1,83 DH/L pour l’essence. Ces niveaux sont très proches de ceux du deuxième trimestre 2024 (1,21 DH/L pour le gasoil et 1,79 DH/L pour l’essence).
Dans le détail, la marge brute sur le gasoil a oscillé entre 0,94 DH/L début avril et 1,46 DH/L fin juin, tandis que celle de l’essence a culminé à 1,95 DH/L, confirmant des marges plus élevées que pour le gasoil.
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Au-delà des marges, le rapport note une hausse de 4,2% des volumes importés (près de 1,72 million de tonnes) mais une baisse de 22% en valeur (10,93 MMDH contre 14,03 MMDH en 2024), conséquence directe de la chute des cours internationaux. Il faut noter que les neuf sociétés concernées représentent environ 81% des volumes importés.
Le segment de la distribution a vu l’arrivée de deux nouveaux opérateurs, portant le total à 38. Les ventes des neuf sociétés ont progressé de 3,8% en volume (1,88 milliard de litres), mais reculé en valeur (17,27 MMDH contre 19,81 MMDH un an plus tôt).
Transparence et régulation
Cette situation relance le débat sur la transparence du marché de carburant. Car si les prix à la pompe ont effectivement reculé au deuxième trimestre, la diminution reste moins marquée que celle des coûts d’achat. Le différentiel (0,51 DH/L pour le gasoil et 0,29 DH/L pour l’essence) illustre la marge conservée par les opérateurs.
Au moment où le gouvernement insiste sur l’importance de garantir équité et justice dans la formation des prix, ces données rappellent que la régulation du secteur demeure un enjeu crucial. Les consommateurs, eux, continuent de se demander pourquoi la baisse des cours internationaux ne se traduit-elle pas pleinement dans leur facture à la pompe.
