Tarifs douaniers américains: opportunité ou menace pour la compétitivité marocaine?

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commerce extérieur, Maroc, France
Photo d'illustration. © Unsplash

Le dernier rapport de la CNUCED au titre de février 2026 met en lumière un basculement majeur dans la politique commerciale des États‑Unis. Entre nouvelles opportunités et risques de perte de compétitivité, le Maroc doit désormais naviguer dans un système tarifaire de plus en plus fragmenté. Décryptage.

Les récentes hausses tarifaires américaines, appliquées de manière différenciée selon les pays et les secteurs, redessinent les conditions de concurrence internationale. Pour un pays comme le Maroc, qui bénéficie d’un Accord de libre‑échange avec Washington, cette nouvelle configuration crée à la fois des opportunités et des risques.

Dans son rapport de février, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) introduit un concept central pour comprendre cette recomposition: la marge préférentielle relative. Il ne s’agit plus seulement de savoir si les exportations marocaines sont taxées ou non, mais de mesurer si les concurrents sont désormais davantage pénalisés ou, au contraire, avantagés.

Les États‑Unis ont considérablement élargi l’écart entre les niveaux de droits appliqués à leurs différents fournisseurs. Cette différenciation peut offrir au Maroc des occasions de substitution lorsque des pays comme la Chine, le Brésil ou l’Afrique du Sud voient leurs tarifs grimper. À l’inverse, lorsque certains partenaires développés bénéficient d’exemptions ciblées dans des secteurs où le Maroc est présent, l’avantage compétitif du Royaume peut s’éroder.

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Les secteurs du textile et de l’habillement illustrent parfaitement cette dynamique. Selon la CNUCED, les tarifs appliqués par les États‑Unis dans cette catégorie ont augmenté de 17 points de pourcentage en moyenne, un choc qui rebat les cartes de la compétitivité mondiale. Dans ce contexte, l’industrie marocaine doit capitaliser sur son accès préférentiel pour rester une alternative crédible et de proximité.

L’agroalimentaire n’est pas épargné: les variations tarifaires sur les produits préparés, les fruits et légumes ou les huiles modifient les stratégies d’approvisionnement des importateurs américains, obligeant les exportateurs marocains à ajuster leurs positions.

Entre escalade tarifaire et nécessité de résilience

Le rapport met également en garde contre l’escalade tarifaire, un phénomène structurel où les produits transformés sont davantage taxés que les matières premières. Cette tendance complique la montée en gamme des pays exportateurs. Pour le Maroc, qui ambitionne de développer la transformation de ses ressources — qu’il s’agisse des produits de la mer, des phosphates ou de l’agro‑industrie — l’accès au marché américain pourrait devenir plus difficile pour les produits à forte valeur ajoutée.

Face à cette fragmentation croissante, la CNUCED recommande aux pays de surveiller en permanence l’évolution de leur compétitivité relative et de diversifier leurs débouchés lorsque l’accès devient trop restrictif. Pour le Maroc en particulier, l’enjeu en 2026 sera de transformer cette nouvelle donne en levier de croissance.

Dans un commerce mondial où les règles changent rapidement et où les écarts tarifaires se creusent, le Royaume peut tirer parti de sa stabilité, de son cadre préférentiel avec les États‑Unis et de sa capacité d’adaptation pour consolider sa place dans les chaînes de valeur internationales.

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