Conjoncture: tendances sectorielles, demande intérieure, exportations… l’essentiel à fin septembre

Publié le
Conjoncture octobre
Le déficit commercial s'est creusé à fin septembre

La dernière note de conjoncture du ministère de l’Économie et des Finances, publiée récemment décrit une dynamique productive soutenue, une demande intérieure robuste et un commerce extérieur sous pression.

Dans un contexte international marqué par la résilience des grandes économies et des incertitudes persistantes, le Maroc affiche des signaux contrastés, entre consolidation sectorielle et creusement des déséquilibres.

En effet, la note de conjoncture nº 344, élaborée par le ministère des finances, indique qu’à fin septembre 2025, l’économie marocaine a enregistré une nette consolidation. Ainsi, le secteur primaire a affiché une valeur ajoutée en hausse de 4,6% à fin juin, portée par une production céréalière estimée à 43 millions de quintaux et une amélioration du cheptel et des cultures secondaires.

Le secteur secondaire a lui confirmé sa dynamique, avec une progression de 5,2% de la valeur ajoutée manufacturière, un taux d’utilisation des capacités de production à 78,3%, et une forte croissance du secteur minier (+8,8%), notamment grâce à la hausse de la production de phosphate (+13,2%). L’énergie électrique a progressé de 5,3%, tandis que le BTP a affiché une valeur ajoutée en hausse de 6,5%, soutenue par une augmentation de 10,6% des ventes de ciment.

Le tertiaire a poursuivi sa consolidation, avec une croissance soutenue du tourisme (+14% d’arrivées, +10,3% de nuitées, +14,3% de recettes voyages), du transport (+11,7% de passagers aériens, +11,6% de trafic portuaire) et des services d’information et communication (+1,5% de valeur ajoutée). Ces performances confirment une reprise multisectorielle, portée par la demande et les flux.

Conjoncture : demande intérieure et échanges extérieurs, entre robustesse et tension

La consommation des ménages a maintenu sa dynamique, appuyée par les mesures publiques en faveur du pouvoir d’achat, dans un contexte d’inflation maîtrisée (+0,4 % en septembre). Elle a bénéficié également de la hausse des crédits à la consommation (+3,9 % à fin août), du niveau élevé des transferts des MRE qui a atteint 81,7 milliards de dirhams (MMDH) à fin août; et de la création de 132 000 emplois rémunérés au deuxième trimestre.

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Photo d’illustration © Christopher Burns/Unsplash

L’investissement s’est également intensifié, stimulé par les grands chantiers structurants et les dépenses d’équipement du budget de l’État (+3,3% à 73 MMDH à fin septembre). Cette dynamique est renforcée par la progression des recettes des investissements directs étrangers (+43,4% à fin août), des importations de biens d’équipement (+13%) et des crédits à l’équipement (+21,5 %).

Conjoncture : le HCP confirme la résilience de l’économie nationale aux 3e et 4e trimestres

À fin août, les exportations marocaines ont progressé de 3,8%, portées par les phosphates et dérivés (+21,1%), l’agriculture et l’agroalimentaire (+3,8%) et l’aéronautique (+5,6%). Toutefois, les importations ont augmenté plus fortement (+8,4%), tirées par l’ensemble des groupes de produits, à l’exception des produits énergétiques dont les achats reculent de 6,2%.

Ce déséquilibre a abouti à un creusement du déficit commercial de 15,5% et un repli du taux de couverture à 57,6%. Les avoirs officiels de réserve permettent néanmoins de couvrir 5 mois et 12 jours d’importations de biens et services, assurant une stabilité relative.

À l’échelle mondiale, la croissance devrait atteindre 3,2% en 2025, selon le FMI, portée par la résilience des États-Unis (+2,0%), de l’Inde (+6,6%) et de la zone euro (+1,2%), malgré les fragilités chinoises (+4,8%) et les tensions commerciales.

L’inflation a continué sa décrue, plus marquée en Europe qu’aux États-Unis, où elle est restée au-dessus de la cible. L’euro s’est apprécié à 1,17 USD (+12% depuis janvier), tandis que le prix du Brent a reculé à 61 dollars (-16% depuis fin septembre), offrant un répit énergétique aux économies importatrices.

En somme, le Maroc confirme une reprise sectorielle solide et une demande intérieure résiliente, mais reste exposé à des tensions extérieures persistantes. Le creusement du déficit commercial et la dépendance aux importations appellent à une vigilance renforcée sur les équilibres macroéconomiques.

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