Cybersécurité au Maroc: ce qu’il faut retenir du baromètre 2025 de l’AUSIM

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Cybersécurité Ausim
Plus de 66% d'entreprises ont recours à l'externalisation en matière de cybersécurité, indique le rapport de l'AUSIM

L’édition 2025 du baromètre sur la cybersécurité des entreprises marocaines vient d’être publiée. Réalisée par l’Association marocaine des utilisateurs de systèmes d’information, (AUSIM), l’étude se structure en cinq articulations majeures.

Baptisée Ausimètre de la Cybersécurité au Maroc 2025, ce baromètre, rendu sous la forme d’un livre blanc, est le fruit d’une enquête conjointe du cabinet international PwC et l’AUSIM. Il dresse un panorama précis des cyber-menaces et des stratégies à adopter.

Cinq grands axes se dégagent de cette étude, qui illustre à la fois les défis à relever et les opportunités à saisir. Ce sont, dans l’ordre, l’importance stratégique de la cybersécurité, les principaux défis et tendances, ainsi que les stratégies et recommandations. L’enquête analyse également la maturité des entreprises marocaines, et termine sur une mise en lumière de l’externalisation croissante des services cyber.

Cybersécurité : un impératif stratégique

sur le premier axe ci-dessus évoqué, l’enquête qui est à sa deuxième édition indique que, plus qu’une contrainte technique, la cybersécurité est devenue un levier essentiel de résilience et de compétitivité. L’on y note qu’à mesure que les entreprises adoptent des outils digitaux avancés, leur surface d’exposition aux menaces s’élargit.

Des menaces qui se traduisent sous la forme de rançongiciels, d’attaques ciblées, et de violations de données. Il apparait alors évident que les cybercriminels affinent leurs méthodes, contraignant, par ricochet, les entreprises à intégrer la sécurité au cœur de leur stratégie.

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«La gouvernance cyber évolue: la sécurité ne peut plus être un sujet isolé confié aux seuls experts informatiques», souligne l’enquête, avant d’appeler, «Dirigeants et décideurs [à]  désormais s’impliquer activement pour prévenir les risques et garantir la conformité réglementaire».

A l’ère du cloud et de l’intelligence artificielle

La seconde articulation de « l’Ausimètre 2025 » fait écho aux défis et tendances du secteur. Là-dessus, l’enquête indique que les technologies émergentes sont à double tranchant. «D’un côté, le cloud computing et l’intelligence artificielle (IA) offrent des solutions plus flexibles pour protéger les infrastructures numériques. De l’autre, elles ouvrent la voie à de nouvelles failles de sécurité», soulignent l’AUSIM et PwC.

Toujours sur cet aspect, il est révélé que «34 % des leaders technologiques marocains placent le cloud comme priorité d’investissement en cybersécurité, tandis que 42 % des dirigeants mondiaux le perçoivent comme un vecteur de risques accru».

Parmi les défis, il ressort que le capital humain demeure un maillon à renforcer. Les enquêteurs relèvent que l’erreur humaine demeure l’un des principaux vecteurs de cyberattaques. Aussi, 52 % des entreprises marocaines estiment-elles que la sensibilisation des employés est un enjeu majeur, notamment face aux tentatives de phishing, aux deepfakes et aux failles liées aux mots de passe.

Entre stratégie et recommandations

Selon le baromètre, la cybersécurité des entreprises marocaines repose sur des stratégies solides visant à minimiser les risques et à renforcer la résilience face aux menaces numériques croissantes. Ainsi, l’adoption du modèle Zéro Trust représente une approche clé dans cette transformation. Elle  limite les accès aux données sensibles et exige une vérification systématique des identités et des permissions des utilisateurs.

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Par ailleurs, les investissements en cybersécurité deviennent incontournables, notamment à travers l’intégration de l’intelligence artificielle et du cloud computing. Toutefois, précise l’AUSIM, «la réussite de cette transition dépend également de la formation continue des collaborateurs afin qu’ils adoptent les bonnes pratiques et prennent conscience des dangers liés aux cyberattaques».

 L’amélioration de la gouvernance et de la conformité constitue un levier essentiel pour assurer la sécurité des données et le respect des réglementations. A ce titre, la loi 05-20 sur la protection des données personnelles et les normes internationales comme ISO 27001 imposent des règles strictes aux entreprises. Ce qui les pousse à renforcer leur cadre réglementaire et leurs dispositifs de contrôle.

Maturité inégale et investissements limités

En ce qui concerne la maturité des entreprises marocaines en matière de cybersécurité, le baromètre indique une réalité contrastée. D’un côté, certaines organisations disposent de structures bien établies et de plans de réponse efficaces, leur permettant de gérer les cyberattaques de manière organisée.

Cependant, ces efforts demeurent insuffisants, car les investissements en cybersécurité restent limités, ce qui freine la mise en place de solutions avancées pour contrer les menaces numériques. 33 % des entreprises marocaines reconnaissent être au stade initial en matière de gestion budgétaire, ce qui limite leur capacité à anticiper les menaces émergentes.

De plus, la gestion des cyber-risques repose souvent sur des approches réactives plutôt que prédictives. Les entreprises marocaines peinent à anticiper les vulnérabilités avant qu’elles ne deviennent des incidents critiques, ce qui impacte leur capacité à renforcer leur résilience numérique.

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Pour combler ces lacunes, une évolution vers une approche plus dynamique et préventive est essentielle. Investir dans l’IA générative, la cybersurveillance et le renforcement des SOC (Security Operations Centers) sont des pistes évoquées pour mieux contrer les attaques sophistiquées

L’essor de l’externalisation

Cinquième et dernier axe, l’externalisation. Les entreprises marocaines cherchent à optimiser leur protection tout en maîtrisant leurs coûts. 64 % d’entre elles externalisent tout ou partie de leur cybersécurité, privilégiant les services managés pour assurer une surveillance continue et une réactivité accrue.

Les missions confiées aux prestataires spécialisés incluent principalement la gestion des vulnérabilités, l’évaluation de la sécurité et la réponse aux incidents. Toutefois, le rapport souligne un besoin de structuration dans ces collaborations, notamment sur le partage des responsabilités et la gestion des fournisseurs cloud.

Il faut retenir du Livre Blanc de l’AUSIM qu’il met en avant une évolution notable des pratiques cyber au Maroc, mais aussi des lacunes persistantes. Il souligne que la sécurité digitale ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais plutôt comme une garantie de confiance, un atout stratégique et un impératif économique. Reste à voir comment les entreprises marocaines repenseront leurs stratégies cyber pour s’adapter aux menaces de demain.

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