L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a lancé un grand projet de…
Dakhla Atlantique, autoroute électrique, corridors: les provinces du Sud au cœur du virage continental marocain
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Grâce aux projets structurants lancés dans le cadre du Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud (NMDPS) et d’autres chantiers ambitieux – le port Dakhla Atlantique, les corridors logistiques, les initiatives agro-industrielles et le mégaprojet d’autoroute électrique reliant Dakhla à Casablanca –, le Maroc est en passe de transformer ces territoires en catalyseurs d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Conjugués au cadre géopolitique et à la vision stratégique claire de l’avenir de la région que représente l’Initiative atlantique lancée par le roi Mohammed VI, ces projets transforment le visage de ces provinces qui font partie des régions les plus arides du monde et sont les moins peuplées du Royaume (moins de 4% de la population).
Menés essentiellement par l’Etat, premier investisseur et premier employeur dans les provinces, ces projets s’approchent d’un taux de réalisation de 100%. C’est ce qu’a révélé courant mai dernier le haut cadre du ministère de l’Intérieur Ibrahim Labiz.
S’exprimant lors d’une journée d’étude à la Chambre des conseillers sous le thème «Le Parlement marocain et la question du Sahara: vers une diplomatie parallèle efficace et un plaidoyer institutionnel efficient», le responsable a révélé que les travaux liés aux projets du NMDPS sont arrivés dans leurs phases finales, à l’exception de certains chantiers majeurs tels que le port Dakhla Atlantique et plusieurs projets relevant de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP).
Dotée d’un budget de 77 milliards de dirhams (MMDH), le programme de développement des confins méridionaux a nécessité plus de 89 MMDH suite à l’actualisation des études, à la restructuration de certains projets, et à l’intégration de nouveaux composants, notamment le projet d’autoroute reliant Tiznit à Dakhla, aujourd’hui achevée à 99%.
Mise à niveau multisectorielle
Comme voulu par le NMDPS tel qu’il a été élaboré sur instruction royale par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), ces projets ont réussi une mise à niveau des régions concernées sur tous les plans.
Selon Labiz, ces investissements ont été répartis sur plusieurs secteurs vitaux: les infrastructures et le transport ont absorbé 25% du budget global, suivis du secteur des énergies renouvelables avec 20%, de l’industrie avec 10%, et des mines avec 9%. En outre, 8% des investissements ont été consacrés au secteur de l’eau, 6% à l’agriculture, tandis que les 22% restants ont été alloués à d’autres secteurs tels que l’éducation, la santé, la formation professionnelle, la pêche maritime, la culture et le tourisme.
Le représentant du ministère a insisté sur le fait que ce modèle de développement représente la concrétisation de la vision stratégique lancée par le roi Mohammed VI, visant à instaurer un développement intégré et durable dans les provinces du Sud, à renforcer leur intégration économique et sociale, et à leur permettre de jouer un rôle central en tant que pont de coopération et d’ouverture vers le continent africain.
Labiz a également expliqué que ce programme ambitionne de consolider l’identité nationale et la cohésion sociale, tout en impliquant les populations locales – notamment les jeunes et les femmes – dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques, ce qui renforce le rôle régulateur de l’État et favorise une participation plus large à la prise de décision.
Il y a trois ans déjà, à l’occasion du discours de la Marche verte du 6 novembre 2022, le Souverain s’était félicité des résultats positifs réalisés et du taux d’engagement qui avait dépassé 80% du budget alloué.
Nouvelle phase de développement
Aujourd’hui, avec la construction du port Dakhla Atlantique, qui a un taux de réalisation de 45% selon les dernières précisions en date de sa directrice de l’Aménagement, Nisrine Iouzzi, le Maroc fait un pas important dans sa stratégie d’imbrication de ces provinces du Sud dans les schémas de développement régionaux.
A travers ce port, le Maroc ne favorisera pas uniquement l’opérationnalisation de l’Initiative royale visant à favoriser l’accès des Etats du Sahel à l’océan Atlantique, mais également l’accès des économies mondiales, y compris les plus lointaines comme la Russie et la Chine, aux pays du Sahel.
«Avec une capacité portuaire de 37 millions de tonnes, un investissement public de 12,67 milliards de dirhams et une infrastructure de grande envergure, ce projet est un outil stratégique pour stimuler tout un écosystème industriel et logistique au service du continent africain et en particulier des pays du Sahel», a souligné Nisrine Iouzzi fin avril lors du Forum Crans Montana.
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Outre cette dimension régionale et continentale, Dakhla Atlantique n’échappe désormais pas aux radars des puissances économiques mondiales.
En effet, selon une étude intitulée «La route maritime du nord et le corridor transcontinental: une vision stratégique pour relier la Russie, la Chine et l’Afrique», présenté lors du dialogue public sur «L’avenir de l’économie mondiale» à Moscou, organisé du 28 au 30 avril dernier, ce projet pharaonique s’impose comme la pierre angulaire d’un corridor transcontinental inédit, articulé autour de la Route maritime du Nord (RMN).
Ce projet russo-chinois constitue une alternative complémentaire de la Route de la soie et une voie de secours au vu des tensions que traversent les routes maritimes classiques, notamment via le Canal de Suez.
Autoroute électrique: pari sur l’avenir énergétique
Avec la réalisation de l’autoroute électrique sud-centre par le consortium composé de l’émirati Taqa Morocco, du marocain Nareva et du Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I), les conditions propices pour un décollage économique inédit dans le continent seront réunis.
Ce projet de près de 130 milliards de dirhams va permettre de doubler la capacité de transit du réseau électrique reliant les parcs solaires et éoliens dans le Sahara marocain aux principaux bassins de consommation dans le centre du pays.
En effet, grâce à ce projet qui devrait être achevé avant 2030, la région deviendra un véritable moteur de développement national notamment en assurant l’acheminement de l’énergie électrique produite par les parcs éoliens de Tarfaya (300 MW), Boujdour (400 MW), Foum El Oued (50,6 MW), Aftissat (400 MW), Akhfennir (200 MW) ainsi que les parcs solaires de Boujdour (20 MW) et de Laâyoune (85 MW) vers le nord et peut-être même vers la Mauritanie, notamment après la signature d’un accord pour la réalisation d’une interconnexion électrique entre les deux pays fin janvier 2025.
À travers cette panoplie de projets stratégiques, les provinces du Sud ne sont plus seulement un espace d’aménagement territorial, mais elles deviennent l’interface d’un Maroc tourné vers l’Afrique et vers l’avenir. Elles incarnent une ambition claire: faire du Royaume un acteur central de la recomposition géo-économique du continent.
