Le déficit budgétaire s'est établi, à fin septembre 2020, à 42,8 milliards de dirhams (MMDH),…
Déficit budgétaire: 55,5 milliards de dirhams à fin octobre, en forte hausse sur un an
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Le déficit budgétaire du Maroc s’est aggravé pour atteindre 55,5 milliards de dirhams (MMDH) à fin octobre 2025, contre 40,5 MMDH à la même période de l’année précédente, selon les dernières données de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Cette détérioration s’explique malgré une hausse notable des recettes fiscales et non fiscales, traduisant la pression accrue des dépenses publiques.
Le Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP) de la TGR révèle que ce déficit tient compte d’un solde positif de 11,1 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA).
Recettes en hausse de 16,4%, mais dépenses plus dynamiques
Les recettes ordinaires brutes ont progressé de 16,4%, atteignant 340 MMDH, tandis que les dépenses ordinaires émises ont augmenté de 17,3% à 315 MMDH, dégageant ainsi un solde ordinaire positif de 25 MMDH.
Cette amélioration des recettes découle principalement de la hausse des impôts directs (+23,7%), des impôts indirects (+11,5%), des droits de douane (+4,8%), des droits d’enregistrement et de timbre (+10,9%), ainsi que des recettes non fiscales (+16,2%).
Dépenses globales en hausse de 12,2%
Les dépenses totales du budget général ont atteint 461,8 MMDH à fin octobre, en progression de 12,2% sur un an. Cette hausse s’explique par l’augmentation de 17,9% des dépenses de fonctionnement et de 12,3% des dépenses d’investissement, compensée partiellement par une baisse de 1,7% des charges de la dette budgétisée.
La baisse des charges de la dette provient d’un repli de 10,4% des remboursements du principal (55,3 MMDH), malgré une hausse de 13,3% des intérêts de la dette (40,3 MMDH).
Comptes spéciaux du Trésor : solde positif de 9,9 MMDH
Les recettes des CST se sont établies à 172,1 MMDH, dont 24,7 MMDH proviennent des versements des charges communes d’investissement. Les dépenses de ces comptes ont totalisé 162,3 MMDH, incluant 6,1 MMDH au titre des remboursements et restitutions fiscales, ce qui laisse un solde positif de 9,9 MMDH.
Du côté des SEGMA, les recettes ont atteint 2,66 MMDH (+20,6%), tandis que les dépenses se sont établies à 1,42 MMDH (+7,3%).
Exécution du budget : des taux variables selon les postes
À fin octobre 2025, la TGR indique que :
· Les recettes ordinaires ont été réalisées à 92,6% des prévisions de la Loi de finances ;
· Les dépenses ordinaires ont atteint un taux d’exécution de 86% ;
· Les dépenses d’investissement ont été engagées à hauteur de 71,2%.
Déficit maîtrisé, mais une pression persistante sur les dépenses
Malgré la progression des recettes, la dynamique haussière des dépenses — notamment celles de fonctionnement — continue de creuser le déficit budgétaire, reflet des efforts de l’État pour soutenir les politiques sociales et les projets d’investissement.
Ce déséquilibre persistant met en lumière la nécessité de renforcer la maîtrise de la dépense publique et de poursuivre les réformes fiscales pour consolider la soutenabilité budgétaire du Royaume.
