Le ministère de l'Economie et des Finances (MEF) a publié ce vendredi la situation des…
Finances publiques : le déficit budgétaire s’alourdit de près de 40% en février
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Au mois de février, le déficit budgétaire du Maroc s’est lourdement aggravé, selon la situation des charges et ressources du Trésor publiée par le ministère de l’Économie et des Finances.
Le document rendu public ce jeudi indique que le déficit budgétaire du Trésor a atteint 34,5 milliards de dirhams (MMDH) à fin février 2026, contre 24,8 milliards un an auparavant, soit une hausse de 39,1%. Selon la tutelle, cette aggravation résulte d’une baisse des recettes et d’une hausse des dépenses.
Tablant sur les recettes, le département de Nadia Fettah relève que celles dites ordinaires se sont établies à 51,2 milliards de dirhams, en baisse de 2,5 milliards (-4,7 %) par rapport à février 2025. Les recettes fiscales, qui représentent l’essentiel, ont reculé de 5,6 % pour s’établir à 48,6 milliards. L’impôt sur le revenu (IR) a particulièrement chuté (-19,4 %), en raison d’une recette exceptionnelle enregistrée en janvier 2025 liée à la régularisation fiscale volontaire. Hors cet effet ponctuel, l’IR aurait progressé de 4,7 %.
En revanche, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a progressé de 3,6 %, portée par la hausse de la TVA intérieure (+16,8 %), malgré le recul de la TVA à l’importation (-5,7 %). Les droits d’enregistrement et de timbre ont également augmenté (+13,6 %), tandis que les taxes intérieures de consommation ont reculé (-7,5 %), notamment sur les tabacs (-23,4 %). Les droits de douane ont baissé de 13,6 %.
Idem pour les recettes non fiscales en hausse de 17,7%, ayant atteint 1,4 milliard de dirhams, grâce aux versements des établissements publics et aux produits divers des ministères.
Déficit budgétaire tiré par des dépenses en hausse
Concernant les dépenses, elles se sont globalement chiffrées à 85,7 milliards de dirhams, en progression de 9,1 % par rapport à février 2025. Selon la situation des charges et ressources du Trésor, les dépenses ordinaires se sont établies à 73,9 milliards, en léger recul (-0,9 %), mais avec des évolutions contrastées : hausse des dépenses de personnel (+21,6 %), liée aux mesures du dialogue social, et baisse des transferts vers le fonds d’appui à la protection sociale. Les charges de compensation ont fortement diminué (-31,6 %), à 2,8 milliards.
Pendant ce temps, les intérêts de la dette ont progressé de 4,6 %, reflétant une hausse des charges de la dette intérieure (+483 millions), compensée en partie par la baisse de la dette extérieure (-170 millions).
Les dépenses d’investissement ont bondi de 37,1 %, atteignant 23,1 milliards de dirhams, soit un taux de réalisation de 20,1 % par rapport aux prévisions de la loi de finances.
Besoin de financement et recours à l’endettement
Le besoin de financement s’est établi à 40,9 milliards de dirhams, en légère baisse par rapport à 2025 (42,9 milliards). Les financements mobilisés proviennent principalement du marché intérieur (19,3 milliards), tandis que les emprunts extérieurs nets ont atteint 976 millions, contre seulement 92 millions un an plus tôt.
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Cette aggravation du déficit budgétaire traduit la difficulté de concilier baisse des recettes fiscales et hausse des dépenses, notamment d’investissement et de personnel. Si la maîtrise des charges de compensation et la progression des recettes non fiscales apportent un certain équilibre, la dépendance accrue au financement intérieur et extérieur souligne la fragilité des équilibres budgétaires.
À fin février 2026, les finances publiques marocaines affichent ainsi un déficit plus marqué, dans un contexte où la conjoncture internationale met à mal consolidation budgétaire et trajectoire économique.
