Des dizaines de millions de dirhams appartenant aux clients de l’Union Marocaine des Banques (UMB)…
Dépôts bancaires détournés à Tétouan: le procès de Daniel Ziouziou démarre bientôt
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La juge d’instruction de la cinquième chambre chargée des crimes financiers près la cour d’appel de Rabat a terminé l’interrogatoire détaillé avec Daniel Ziouziou, directeur régional de l’Union Marocaine des Banques (UMB) de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, impliqué dans une affaire de détournement de fonds au sein de la banque.
Daniel Ziouziou, qui occupait également le poste de vice-président de la commune de Tétouan sous la bannière du Parti de l’Istiqlal, est en détention depuis le mois de mai dernier à la prison de Tamesna, aux environs de la ville de Temara. Il est poursuivi pour «formation d’un réseau de détournement de fonds publics, atteinte aux systèmes de traitement automatisé de données électroniques et falsification de documents bancaires dans le but de détournement».
La dernière audience dans le cadre de l’interrogatoire détaillé avec le principal accusé dans l’affaire dite des «détournements de Daniel» a eu lieu lundi 19 août, apprend-on auprès d’une source proche du dossier.
La juge d’instruction a également auditionné le directeur de l’agence UMB de Tétouan, Mourad Habsaya, également impliqué, et commencera désormais à entendre les témoins et les victimes, avant de procéder à une confrontation entre les parties du dossier qui a suscité un large intérêt.
Après la confrontation, le procès ne devrait pas tarder à démarrer. L’affaire remonte à la dernière semaine de mai dernier, lorsque de nombreux clients d’UMB se sont rendu compte de la disparition de leurs dépôts évalués à des dizaines de millions de dirhams.
Avec la complicité d’un directeur d’agence, Daniel Ziouziou aurait détourné des millions de la banque appartenant aux héritiers des princes Moulay Abdellah et Moulay Ali ainsi qu’à quelques actionnaires suisses et américains.
Dans les jours ayant suivi l’arrestation de Ziouziou, également administrateur du Moghreb Athlétique de Tétouan (MAT), de nombreux clients, qui se sont rendus à la banque, ont découvert que leurs économies ou leurs héritages avaient disparu, tandis que d’autres ont constaté qu’une bonne partie de leurs fonds s’était volatilisée.
Tétouan: un banquier détourne les dépôts de ses clients, dont un conseiller royal
Des victimes ont fait savoir que les détournements ont commencé dès 2020, précisant qu’ils ont perdu des dépôts de plus d’un million de dirhams pour certains clients.
Parmi les victimes se trouve une société dont l’un des associés n’est autre que le conseiller royal Omar Azziman. La société dont ce dernier a hérité en 2017 après le décès de sa mère, Setti Aïn Melloul, a été complètement dépouillée de ses fonds dans le compte enregistré chez UMB. Le compte contenait 340.000 DH, mais il ne reste maintenant que 230 DH, selon des témoignages.
L’arrestation puis l’incarcération de Daniel Ziouziou et Mourad Habsaya, à la prison locale de Tamesna, avaient semé le doute parmi ces victimes, mais l’intervention des organismes de supervision bancaire les a quelque peu rassurées.
Comme tout autre établissement de crédit, UBM est supervisée par le Fonds collectif de garantie des dépôts (FCGD), relevant de Bank Al-Maghrib (BAM), et administrée par la Société marocaine de gestion des fonds de garantie des dépôts bancaires (SGFG).
BAM à la rescousse des victimes
À l’origine de la plainte qui a déclenché une série de mesures, BAM accorde une attention particulière à cette affaire.
Une commission de la banque centrale avait examiné toutes les opérations de la succursale d’UMB à Tétouan. Selon une source proche du dossier, le directeur général de la SGFG, Abderrahim Nassiri, a personnellement supervisé l’enquête interne dans l’agence.
Détournements de fonds à Tétouan: qui dédommagera les victimes d’UMB?
Longtemps gérée de manière provisoire, puis placée sous la responsabilité d’un commis d’État, UMB n’a pas de conseil d’administration comme les autres banques. Elle fonctionne différemment, selon ses procédures internes et sous la supervision de la SGFG.
Le FCGD, dont la gestion a été confiée par BAM à la SGFG (créée en mai 2015), a pour objectif de protéger les avoirs des déposants, qu’ils soient des personnes physiques ou morales, au cas où une banque membre n’est plus en mesure de restituer les dépôts et autres fonds remboursables. Il constitue de fait un filet de sécurité permettant de contribuer au redressement des difficultés des établissements de crédit.
Dans cette affaire, c’est donc le FCGD qui dédommagera les déposants si UMB s’avère incapable de restituer les dépôts et autres fonds détournés dont le montant est estimé à « environ 1 milliard de dirhams« , selon une source proche de l’enquête.
