Développement durable: le Maroc, carrefour stratégique entre l’Afrique et l’Europe (Expert)

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L'ouverture de l'autoproduction pourrait créer jusqu'à 30 000 emplois selon une étude de la GIZ.

Lors du forum sur les énergies, tenu le 29 janvier dernier à Casablanca, Mohamed Taoufik Adyel, un ancien ingénieur général au ministère de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement et expert international en Énergie, Eau, Environnement et Développement Durable, a fait une intervention sur le rôle du Maroc dans le développement énergétique régional et territorial.

D’emblée, Mohammed Taoufik Adyel a jugé opportun pour les acteurs marocains de l’énergie d’exporter leur savoir-faire vers les autres pays du continent africain. Partant du constat que l’accès à l’électricité est un problème majeur dans de nombreux pays africains, il a expliqué que «très peu d’africains ont accès à l’électricité, non seulement au milieu rural, mais également en milieu urbain et périurbain». Il a souligné que cette situation contraste fortement avec le potentiel considérable d’énergie renouvelable dont dispose ce continent, mais qui n’est malheureusement pas suffisamment valorisé.

Par ailleurs, l’expert a fait remarquer que «les pays africains ont besoin d’attirer les investissements pour financer les projets d’énergies renouvelables. Mais pour attirer ces investissements, il faudrait qu’ils aient une bonne gouvernance du secteur de l’énergie».

Compte tenu de cette exigence, Mohammd Taoufik Adyel  pense que  «le Maroc pourrait développer ses efforts pour soutenir les pays subsahariens d’Afrique dans le domaine de l’accès à l’électricité, vu  sa bonne expérience dans ce domaine. En outre, les entreprises marocaines pourraient investir davantage dans les énergies renouvelables en Afrique».

Abordant un autre axe, l’ancien ingénieur général au ministère de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement préconise une plus grande intégration du secteur énergétique marocain au marché énergétique de l’Union européenne. Il suggère, à cet effet, que le Royaume mette à profit son Statut Avancé auprès des 27, d’une part, et l’orientation de ces derniers vers des interconnexions avec les pays du sud de la Méditerranée, d’autre part.

Lire aussi : Mix énergétique et compétitivité en réflexion à la 4e édition du Forum des énergies de l’industrie

Selon Mohammed Adyel Taoufik, cette disposition procurerait plusieurs avantages au Maroc, notamment en termes de sécurité d’approvisionnement et de développement des énergies renouvelables.

Un autre point qu’il a évoqué : la dynamique d’urbanisation accélérée du Maroc. À l’en croire, alors que le Royaume tend vers 70% de citadins en 2030, cette tendance s’accompagnera inexorablement d’une détérioration environnementale. Alors, «il est  opportun de mettre en œuvre des plans d’action climat-énergie durable dans les villes marocaines», soutient-il.

En outre, il préconise  et de «mettre en réseau ces villes  pour qu’elles puissent échanger sur les bonnes pratiques d’énergie durable  et de renforcer les compétences humaines des municipalités, pour qu’elles mettent en œuvre ces plans d’action».

L’expert international a conclu son propos en abordant le cadre réglementaire actuel de l’autoproduction d’électricité verte en basse tension, c’est-à-dire pour les ménages et les petites et moyennes entreprises. Selon lui, «cette loi est compliquée. Elle n’est pas très incitative, et elle ne permet pas d’injecter l’excédent produit à plus de 20 % dans le réseau, ce qui est très limitant».

Mohammed Taoufik Adyel estime indispensable que cette loi soit améliorée pour que les énergies renouvelables soient véritablement au service des ménages et des petites et moyennes entreprises. Il préconise de mettre en priorité les intérêts au niveau macroéconomique. «Il faudrait privilégier les avantages au plan national, même si cela peut occasionner des pertes de chiffre d’affaires au niveau local, en particulier chez les distributeurs, les concessionnaires ou les régies», a-t-il laissé entendre.

Pour appuyer son argumentaire, l’expert a cité une étude de la GIZ, l’agence de coopération allemande, qui a estimé à 30 000 le nombre d’emplois que l’ouverture de la basse tension pourrait créer. En clair, pour lui, une meilleure flexibilité réglementaire de l’autoproduction renforcerait inéluctablement la position de leader du Royaume en matière d’énergie renouvelable.

Au terme de son intervention, Mohammed Taoufik Adyel a démontré que l’approche ayant permis au Maroc de passer de 15 % à 99 % d’électrification rurale est un modèle à reproduire pour l’ensemble de la région. Néanmoins, le pays doit veiller à saisir toutes les opportunités offertes par son potentiel inouï en énergies renouvelables, grâce à des lois permettant de libérer ces énergies.

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