Le conseil d'administration du groupe de la Banque mondiale (BM) a approuvé, mercredi, un prêt…
Développement: la Banque mondiale alerte les pays émergents
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La quasi totalité des pays émergents, dont la Chine, l’Inde ou le Brésil, pourraient être confrontés au « piège du revenu intermédiaire » et ne pas réussir à devenir des pays développés s’ils ne prennent pas les bonnes décisions, a averti jeudi la Banque mondiale (BM) dans un rapport.
Le piège du revenu intermédiaire est un concept désignant le risque pour un pays ayant atteint un certain niveau de développement de ne pas réussir à passer la dernière étape qui lui permettrait de basculer parmi les pays développés.
La BM estime que les pays à revenus intermédiaire, ou émergents, sont ceux dont le PIB par habitant est compris entre 1.136 dollars et 13.845 dollars, une fourchette qui intègre donc la Chine (12.614 dollars en 2023), le Brésil (10.043 dollars en 2023) et l’Inde (2.485 dollars en 2023).
Pour ces pays, le risque est de devoir faire face à un niveau de dépenses de plus en plus élevé sans avoir réussi à atteindre un niveau de PIB par habitant suffisant pour leur permettre d’y parvenir, ce qui aurait pour effet de contraindre leur croissance économique et donc, au final, les maintenir au stade de pays émergent.
Au total, l’institution, basée à Washington, estime que plus d’une centaine de pays, représentant au total six milliards d’habitants, court ce risque mais propose une série de mesures pouvant leur permettre de dépasser ce stade.
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« Trop de ces pays s’appuient sur des stratégies dépassées pour espérer devenir des pays développés », a estimé le chef économiste de la BM, Indermit Gill, cité dans un communiqué, « soit ils parient trop longtemps sur les investissements, soit au contraire ils font trop tôt le pari de l’innovation ».
La Banque mondiale estime qu’au contraire, une approche séquencée est nécessaire, avec une première phase d’investissement, puis une montée progressive de l’intégration de l’innovation dans l’économie nationale et enfin un équilibre entre les deux approches.
« Compte tenu des pressions démographiques, écologiques et géopolitiques, il n’y a aucun droit à l’erreur », a averti M. Gill.
D’autant que ces pays représentent plus de 60% des personnes en état d’extrême pauvreté dans le monde et une proportion équivalente des émissions de carbone annuelles, un double défi qui réduit d’autant les marges de manoeuvre.
La Banque mondiale cite la Corée du Sud en cas d’école, pays qui a réussi à gérer ces trois phases et vu son PIB par habitant passer de 1.200 dollars en 1960 à plus de 33.000 dollars en 2023, avec l’émergence d’entreprises géantes innovantes telles que Samsung, initialement un fabricant de nouilles.
