Le groupe israélien BlueBird s'apprête a lancer une usine de drones au Maroc, a annoncé…
Usine de drones israéliens au Maroc: Abderrahmane Mekkaoui décrypte les enjeux
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Face aux annonces par plusieurs médias concernant l’ouverture d’une usine de drones SpyX de l’israélien BlueBird au Maroc, H24Info s’est adressé à Abderrahmane Mekkaoui, expert des questions stratégiques et militaires, pour éclairer ce sujet sensible.
Depuis quelques jours, plusieurs médias israéliens ont annoncé l’ouverture par la compagnie israélienne BlueBird Aero Systems d’une usine de production de ses drones kamikazes SpyX au Maroc. Aucune source officielle marocaine n’a confirmé ni infirmé cette annonce.
Selon Abderrahmane Mekkaoui, contacté par H24Info, cette information provient du complexe industriel israélien Rafael, constructeur de drones et d’avionique. «Ces médias, qui disposent d’une certaine crédibilité, confirment le projet de construction d’une usine de drones de sixième génération, incluant des drones kamikazes, d’observation, d’attaque et de collecte de renseignements», explique-t-il.
La partie marocaine, fidèle à sa tradition de discrétion en matière militaire, n’a pas communiqué sur le sujet. «L’armée marocaine ne déclare jamais ses achats ni ses accords passés avec d’autres pays dans le domaine de la construction militaire», rappelle Mekkaoui.
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Pour l’expert, cette éventuelle implantation s’inscrirait dans une coopération militaire déjà active entre Rabat et Tel-Aviv. «Les relations militaires entre le Maroc et Israël ne sont pas un secret. Elles sont particulièrement développées dans le domaine spatial. L’achat par le Maroc du satellite espion OFEK 13 en est une illustration», souligne-t-il.
Usine de drones israéliens: impact multidimensionnel
Mekkaoui estime que l’industrie de défense marocaine pourrait franchir un nouveau cap en intégrant les armes de sixième génération. L’exemple récent de l’implantation du groupe indien Tata pour la construction de véhicules militaires confirme, selon lui, une dynamique d’industrialisation de la défense nationale.

Toujours selon notre interlocuteur, si l’information venait à être confirmée, l’implantation d’une usine de drones aurait des retombées multiples. «Une usine signifie des capitaux, un partenariat avec le secteur privé marocain, mais aussi une absorption de compétences scientifiques locales», analyse-t-il.
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L’impact serait également territorial, qu’il s’agisse d’une implantation au nord ou au sud du pays. L’industrie de défense pourrait ainsi générer une plus-value économique et technologique. Le tout en intégrant des lauréats issus de la formation militaire obligatoire.
Sur le plan technique, Mekkaoui insiste sur la rapidité de mise en œuvre d’un tel projet. «Le Maroc possède les compétences, la matière et le matériel nécessaires pour construire un drone en un mois. Ce qui manque, ce sont les capitaux», explique-t-il.
Quid des implications diplomatiques ?
L’expert des questions stratégiques et militaires rappelle que l’Ukraine a réussi à produire près d’un million de drones en une année, preuve que la faisabilité est réelle lorsque les moyens financiers sont mobilisés. Selon lui, le secteur privé marocain et étranger manifeste un intérêt croissant pour ce type d’investissement jugé «juteux».
Par ailleurs, la question des répercussions diplomatiques reste sensible. A ce sujet, Mekkaoui souligne que le Maroc maintient une position inchangée sur la cause palestinienne: soutien à la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et opposition à toute ingérence israélienne dans les pays voisins du Moyen-Orient. «Le Maroc dissocie sa position géopolitique de son partenariat stratégique et militaire.»
Cette dissociation pourrait néanmoins susciter des inquiétudes régionales. «La construction d’une usine de drones sophistiqués au Maroc reste une source d’inquiétudes chez les voisins, notamment l’Algérie et l’Espagne», observe Mekkaoui. Mais il insiste sur le fait que ce projet viserait avant tout la défense nationale et la sécurité du territoire. «Il n’est pas destiné à attaquer les voisins, mais à développer une économie de défense bénéfique pour le pays et pour le continent», conclut l’expert.
