Échanges extérieurs du Maroc: les services progressent, l’industrie ralentit

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Maroc, déficit commercial, Echanges extérieurs du Maroc
Entre les importations et les exportations de marchandises, le déficit commercial penche en défaveur du Maroc

À fin avril 2025, les échanges extérieurs du Maroc affichent une dynamique contrastée. Tandis que le secteur des services et les investissements étrangers poursuivent leur progression, le commerce de marchandises creuse davantage le déficit commercial. L’on y décèle une évolution des flux économiques appelant à une gestion stratégique et des ajustements ciblés pour consolider la résilience économique du Royaume.

L’Office des changes a récemment publié les résultats des importations et exportations du Maroc dans différents secteurs d’activité, ainsi que les performances du tourisme, des transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (recettes MRE) et des investissements directs étrangers (IDE).

Le chiffre clé qui ressort de ce bulletin des échanges extérieurs est l’excédent de 46,3 milliards de dirhams (MMDH) réalisé par le secteur des services. Ce résultat traduit le dynamisme du secteur tertiaire, qui a frôlé les 100 milliards de dirhams de recettes d’exportation.

Il a enregistré exactement 90,4 MMDH de recettes à l’export, contre 44,1 MMDH au niveau des importations. En glissement annuel, les services connaissent une hausse de 11,9%.

Partie intégrante de ce secteur, les recettes liées aux voyages se sont chiffrées à 34,4 MMDH, tandis que les dépenses atteignent 9,1 MMDH, occasionnant un solde positif de plus de 25 MMDH, en hausse de 9% comparée à la même période en 2024.

Echanges extérieurs: un déficit commercial qui se creuse

À l’inverse, la dynamique commerciale des marchandises penche en faveur des importations. Sur les quatre premiers mois de l’année, les importations marocaines de marchandises ont atteint un peu plus de 263 MMDH, contre 241 MMDH un an auparavant, affichant une croissance de 9,1%.

Quant aux exportations, elles s’élèvent à 154 MMDH, contre 152 MMDH à la même période l’an dernier, soit une légère hausse de 1,2%. Entre cette croissance dynamique des importations et la progression marginale des exportations, le déficit commercial s’établit à 108,9 MMDH sur le premier quadrimestre de l’année, contre 88,7 MMDH un an plus tôt, soit une augmentation de 22,8%.

Lire aussi : Échanges extérieurs du Maroc, les tops et les flops en 2024

Les tendances sectorielles des échanges commerciaux

Dans le détail, cet écart significatif des échanges extérieurs résulte d’une hausse à deux chiffres dans plusieurs compartiments d’importation. Les produits bruts enregistrent une croissance de 25%, les produits finis d’équipement progressent de 13,3%, tandis que les biens de consommation augmentent de 11,5% et les produits alimentaires de 11,3%.

Les demi-produits, eux, affichent une hausse de 7,6%. Seule la branche énergie et lubrifiants marque un recul de 4,9%.

Du côté des exportations, la hausse est portée par les phosphates et dérivés (+12,3%), l’aéronautique (+14%) et les filières extractives (+15,7%). En revanche, le secteur automobile poursuit son recul (-7%), tout comme l’électronique (-7%), le textile (-2,7%) et l’industrie pharmaceutique (-15%).

Des flux financiers contrastés

Recettes MRE
Les recettes MRE ont chuté de plus d’un milliard à fin avril 2025, soit une baisse de 3,7% d’une année à l’autre

À l’inverse, les investissements directs étrangers au Maroc (IDE) ont enregistré une hausse significative, atteignant 17,2 MMDH contre un peu plus de 14 MMDH un an plus tôt. Comparativement, alors que le flux net d’IDE bondit de 37% de janvier à fin avril 2025, celui des IDME s’est contracté de 9,7% sur la même période.

Ces tendances mettent en évidence une économie marocaine en mutation, portée par la résilience du secteur tertiaire et des investissements étrangers dynamiques, mais freinée par un déficit commercial préoccupant et des contractions dans certains segments industriels.

Il apparait que cet équilibre entre ces flux  des échanges extérieurs reste un défi stratégique, nécessitant une vision claire et des ajustements ciblés pour renforcer la compétitivité des exportations, améliorer la diversification économique et consolider les acquis du commerce extérieur.

Dans ce contexte des échanges extérieurs, les mois à venir seront déterminants, tant pour anticiper les évolutions du marché mondial que pour affiner les stratégies de croissance, afin de faire du Maroc un acteur plus influent sur la scène internationale.

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