Economie marocaine: une reprise portée par l’agriculture et les services

Publié le
Economie Maroc août 2025
la note fait ressortir que la valeur ajoutée agricole a progressé de +4,5 % au T1-2025,

Croissance, inflation, commerce extérieur, finances publiques… Les indicateurs publiés par le ministère de l’Économie et des Finances convergent vers une reprise modérée, mais exposée aux aléas géopolitiques et aux tensions tarifaires.

La note de conjoncture N°342, un document de 48 pages publié hier jeudi par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) du ministère de l’Economie et des Finances fait le tour d’horizon de l’économie marocaine sur le mois écoulé, et les prévisions pour ceux à venir. Il passe au crible différents secteurs de l’économie nationale, tout en situant le contexte mondial dans lequel cette dernière s’inscrit.

Concernant l’environnement international, les statisticiens du ministère indiquent que selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance mondiale devrait s’établir à 3,0 % en 2025, soit un recul par rapport à 2024 (3,3 %). La zone euro affiche une progression modeste (+1 %), avec des disparités marquées : +2,5 % pour l’Espagne, mais seulement +0,1 % pour l’Allemagne. Le baril de Brent s’est replié à 68 dollars au 25 août, en baisse de 15 % sur un an, tandis que l’euro s’est apprécié à 1,17 dollar (+12,6 % depuis janvier).

Dans ce climat, l’inflation mondiale recule à 4,2 %, son plus bas niveau depuis 2020, mais reste sujette à des risques liés aux matières premières et aux tensions commerciales. Le ministère souligne que «les tensions géopolitiques et les ajustements tarifaires continuent de peser sur la confiance des investisseurs et sur les chaînes d’approvisionnement».

Croissance sectorielle et reprise des investissements

Au niveau national, la note fait ressortir que la valeur ajoutée agricole a progressé de 4,5 % au T1-2025, portée par une production céréalière estimée à 44 millions de quintaux (+41 %). Le secteur manufacturier affiche une hausse de +3,4 %, avec des performances notables dans la fabrication de matériel électrique (+20,8 %) et pharmaceutique (+11,1 %). Dans ce sillage, le taux d’utilisation des capacités industrielles s’est établi à 77,8 % au T2, en hausse d’un point.

Le secteur tertiaire, lui, reste dynamique. Cela se traduit par des arrivées touristiques qui ont atteint 11,6 millions à fin juillet (+16 %), des recettes voyages en hausse 9,6 % à 54 milliards de dirhams, et le trafic portuaire qui a crû de +11,6 %. Le parc téléphonique mobile a atteint 58,8 millions d’abonnés (+3,2 %), et celui de l’internet 41,2 millions (+5,2 %).

Economie : demande intérieure et équilibre budgétaire

La consommation des ménages est soutenue par une inflation maîtrisée (+0,5 % en juillet), une hausse des crédits à la consommation (+2,8 %) et des transferts MRE élevés (55,9 MMDH à fin juin). L’investissement public progresse (+6,2 % à 60,8 Mds DH), appuyé par la hausse des crédits à l’équipement (+20,5 %) et des IDE (+28 %).

Lire aussi. Industries manufacturières: baisse de l’indice des prix à la production de 0,1% en juillet (HCP)

Le déficit budgétaire s’est creusé à 55 MMDH à fin juillet, contre 40,2 MMDH un an plus tôt, en raison d’une hausse des dépenses (+43,4 MMDH) plus rapide que celle des recettes (+28,7 MMDH). Toutefois, le solde ordinaire reste excédentaire (+12,9 MMDH), et les recettes fiscales affichent une croissance robuste (+15,9 %), portée par l’IS (+31,9 %) et l’IR (+20,4 %).

Échanges extérieurs et dynamique financière

Pour ce qui est des exportations, elles ont progressé de +3,1 % à fin juin, tirées par les phosphates et dérivés (+18,9 %), l’aéronautique (+8,8 %) et l’agriculture (+10,3 %). Les importations ont crû de 8,9 %, creusant le déficit commercial de 18,4 % (161,9 MMDH) et ramenant le taux de couverture à 59,3 % (-3,3 pts). Les avoirs officiels de réserve couvrent 5 mois et 16 jours d’importations.

Statuant sur la dynamique monétaire et les marchés financiers, les rapporteurs soulignent une masse monétaire (M3) en augmentation de 8 % en glissement annuel, portée par les crédits bancaires (+5,8 %), notamment aux sociétés non financières (+4 %) et aux ménages (+2,5 %). Les crédits à l’équipement affichent une croissance remarquable (+20,5 %) et le taux interbancaire reste stable à 2,25 %, aligné sur le taux directeur.

Enfin, les spéculations boursières vont bon train. La Bourse de Casablanca poursuit sa dynamique haussière avec ses principaux indices ( MASI et MASI 20) marquant des progressions de 32,9 % et 35,4 % depuis fin décembre 2024. Dans la même veine, la capitalisation boursière atteint un niveau record de 1.036 MMDH (+37,7 %), portée par les secteurs bancaire, télécoms et BTP.

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