Le Forum de l’énergie :  la 4e édition débat sur la compétitivité carbone du Maroc

Publié le
Forum Energie
Hanane Belyagou, directrice des industries aéronautiques, ferroviaires, navales etd es énergies renouvelables au Ministère de l'Industrie et du Commerce

La séance inaugurale de la 4ᵉ édition du Forum international des énergies (FIE), tenue ce mercredi à Casablanca, a posé les jalons d’une réflexion stratégique visant à convertir les avancées du Maroc dans les énergies renouvelables en levier industriel et de compétitivité.

Dans son intervention, Hicham Rahioui Idrissi, président du FIE a recentré la discussion sur une évidence stratégique : l’énergie n’est plus un simple enjeu économique, elle est devenue une question de souveraineté. Confrontant les tensions géopolitiques – notamment autour du détroit d’Ormuz – aux fragilités des chaînes d’approvisionnement, il a insisté sur le fait que les récents chocs internationaux révèlent la nécessité d’une vision anticipatrice.

Il a rappelé que la trajectoire marocaine, est fondée sur trois orientations : investissements massifs dans les renouvelables, diversification du mix et construction progressive d’une souveraineté énergétique. Pour étayer son propos, il a cité des repères concrets : une capacité installée nationale supérieure à 12 000 MW, dont 45,4 % issue des renouvelables, avec un objectif de 52 % à l’horizon 2030.

Toutefois, a‑t‑il averti, la question dépasse désormais la production, mais requiert de transformer cette avance en avantage compétitif industriel. Dans cette veine, Hicham Rahioui a appelé à une montée en gamme pour faire du Maroc un hub de la transition énergétique et un acteur industriel de référence. Toute chose qui passera par le renforcement des réseaux, le stockage, des modèles de financement et de convergence entre politique énergétique et stratégie industrielle.

Hanane Belyagou : faire de la compétitivité carbone une réalité

Poursuivant et approfondissant ce fil, Hanane Belyagou, directrice des industries aéronautiques, ferroviaires, navales et des énergies renouvelables au ministère de l’Industrie et du Commerce,  a axé son propos sur la conversion des atouts énergétiques en gains industriels durables. D’emblée, elle a posé une idée motrice: la décarbonation n’est plus un choix mais une nécessité, et la compétitivité de demain sera d’abord une compétitivité carbone.

Concrètement, Belyagou a insisté sur le rôle du cadre réglementaire pour accompagner cette transition. Elle a ainsi mis en avant la Loi 82‑21 relative à l’autoproduction d’électricité, qu’elle présente comme un levier de décentralisation énergétique permettant aux entreprises de produire, consommer et vendre le surplus. Cette mesure, selon elle, réduit les coûts, stimule l’investissement privé et favorise l’émergence de filières locales.

Poursuivant, la directrice a détaillé les dispositifs sectoriels mis en place par le ministère pour adapter les trajectoires industrielles : accompagnement technique, incitations financières, et structuration de nouvelles filières, notamment autour de l’hydrogène vert. Elle a, à cet effet, rappelé le programme lancé en 2024 visant à positionner le Maroc comme producteur compétitif d’hydrogène vert.

Energie: adapter les mécanismes

Par ailleurs, Belyagou a insisté sur l’importance d’un écosystème d’innovation : recherche appliquée, formation qualifiante et partenariats public‑privé pour accélérer l’industrialisation des technologies propres. Elle a aussi appelé à des mécanismes de financement adaptés, capables de réduire le risque et d’attirer des capitaux privés et internationaux.

Lire aussi. Energie, nucléaire: les infrastructures au coeur du conflit au Moyen-Orient

Enfin, la responsable du ministère a lancé un appel à la mobilisation collective : pouvoirs publics, industriels, investisseurs et territoires doivent converger pour transformer les politiques en projets tangibles. « Chacun a un rôle à jouer », a‑t‑elle martelé.

En clair, à l’ouverture de ce 4e rendez-vous du FIE 2026, Hicham Rahioui a posé le diagnostic stratégique ; Belyagou a livré la feuille de route opérationnelle. Ces deux interventions traduisent l’ambition d’un Maroc non seulement producteur d’énergie renouvelable, mais un acteur industriel compétitif, capable de transformer la transition énergétique en moteur de croissance et de souveraineté.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Le Forum de l’énergie :  la 4e édition débat sur la compétitivité carbone du Maroc

S'ABONNER
Partager
S'abonner