Pêche intensive: comment éviter l’épuisement des ressources halieutiques (Experts)

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Port de Safi
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La surexploitation des ressources marines représente une menace majeure pour les écosystèmes côtiers et l’économie maritime. Face à cette problématique, la gestion durable des ressources halieutiques s’impose comme une nécessité, non seulement pour préserver la biodiversité marine, mais aussi pour assurer la pérennité d’un secteur clé de l’économie marocaine.

La pêche représente un secteur stratégique pour le Maroc, contribuant de manière significative à la création de richesse pour le pays. L’an dernier, le Royaume a terminé sur une production annuelle de 1,42 million de tonnes de poissons, qui ont rapporté un chiffre d’affaires de 31 milliards de dirhams. Cette performance fait de lui, le 1er producteur africain, et le 13e sur le plan mondial. Ces chiffres, présentés par le département de la pêche maritime, illustrent à plus d’un titre la portée du secteur.

Cependant, la pression croissante exercée sur les stocks halieutiques met en péril l’équilibre fragile entre exploitation et conservation. «Il est impératif d’adopter une approche responsable pour éviter l’épuisement de nos ressources marines», explique Fadl Akouri, responsable de Coordination et de la Communication de la Confédération des armateurs et industriels de la pêche pélagique (COMAIP). Pour son organisation l’importance de la régulation et du suivi scientifique des populations de poissons ne sont pas à négocier.

Selon lui, la mise en place de quotas de pêche, de périodes de repos biologique et de zones protégées sont autant de mesures qui visent à maintenir les stocks à un niveau soutenable. De l’avis de la COMAIP, «l’instauration de ces régulations n’est pas une contrainte, mais une opportunité de pérenniser un secteur vital pour notre économie», insiste-t-il.

Vers une pêche responsable et innovante

Si le Maroc a pris conscience de l’urgence d’une gestion raisonnée de ses ressources halieutiques, des défis subsistent encore. Au nombre de ces challenges, l’optimisation des techniques de pêche, l’intégration des nouvelles technologies et le renforcement de la coopération entre les acteurs du secteur. ce sont des axes stratégiques à privilégier, trouve le responsable de la COMAIP.

Ce n’est pas tout. L’organisation milite pour une innovation tous azimuts dans le secteur, notamment une digitalisation plus poussée de la traçabilité des captures. Cette dernière permettrait par exemple, de lutter plus efficacement contre la pêche illégale et de garantir une exploitation plus transparente des ressources marines. S’il reste persuadé que l’innovation doit être au cœur de leur démarche, il prévient cependant qu’elle doit se faire «tout en respectant les cycles naturels de renouvellement des espèces».

Par ailleurs, «La responsabilité est collective. Il ne suffit pas d’imposer des règles, il faut aussi accompagner le secteur dans cette transition vers un modèle plus respectueux de l’environnement», fait remarquer Fadl Akouri. La COMAIP propose alors de régulièrement procéder à, «une sensibilisation accrue des pêcheurs et des industriels à l’importance de pratiques durables est essentielle».

La gestion durable des ressources halieutiques n’est donc pas seulement une nécessité écologique, elle est aussi un levier de développement économique et social. L’exemple de Dakhla démontre que concilier rentabilité et préservation des écosystèmes est un objectif atteignable, à condition d’adopter une vision à long terme et des politiques adaptées. Le défi est immense, mais l’avenir du secteur en dépend.

Dakhla, un modèle de gestion raisonnée

La région de Dakhla illustre parfaitement comment une politique de gestion durable peut avoir un impact économique positif. Grâce à une régulation stricte des captures et à une surveillance accrue des zones de pêche, la région bénéficie aujourd’hui d’une activité halieutique florissante, tout en préservant ses ressources.

«À Dakhla, nous avons su mettre en place des mécanismes de contrôle efficaces qui permettent d’éviter la surpêche et de favoriser la régénération des stocks», se félicite Fadl Akouri. Cette approche permet à la COMAIP et ses acteurs de contribuer considérablement à l’essor économique de cette ville. Selon les données qu’il a partagées, le secteur de la pêche pélagique compte pour 53 500 emplois dont 13500 directs, et emploie 30% de la population active de la région parmi lesquelles 60% sont des femmes.

Une situation qui tient, à une gestion structurelle des ressources et une adaptation des méthodes et des moyens de pêche. Aujourd’hui, le rayonnement du port de Dakhla et la modernisation des infrastructures de transformation participe à renforcer la compétitivité du secteur, générant ainsi une hausse des exportations et une amélioration des conditions de travail des pêcheurs. «La durabilité et la rentabilité ne sont pas incompatibles, bien au contraire. C’est en gérant intelligemment nos ressources que nous garantissons un avenir prospère à l’ensemble de la filière», soutient l’expert.

Il faut noter que la COMAIP représente 13 groupes regroupant 25 entreprises exerçant dans la pêche hauturière, avec un patrimoine de 28 bateaux et plus de 41 unités de transformation. Basée à Dakhla, elle opère dans le domaine de la pêche pélagique, à destination des unités de transformation.

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