Interview. Hafid Griguer «T3 Shield, notre solution anti-triche est convoitée par 3 pays»

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Hafid Griguer, Cofondateur sensthings
Hafid Griguer, entend conquérir le monde avec T3 Shield

Hafid Griguer, fondateur de la startup SensThings et concepteur de la solution anti-triche au baccalauréat, lève le voile pour H24info sur son innovation incubée à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Il revient également sur l’intérêt grandissant que suscite son projet, tant à l’échelle nationale qu’internationale.

H24Info. D’où est partie l’idée de concevoir un système anti-triche ?

Hafid Griguer: L’idée a démarré il y a trois ans, quand on a vu que ce risque de triche ou d’espionnage nous concernait, pas seulement au Maroc, mais c’est un fléau mondial. Lorsqu’on a constaté que la triche devenait de plus en plus un phénomène de valeur civique, sociale et sociétale, on s’est dit que peut-être la technologie pourrait aider à combattre ce fléau. On a commencé à développer cette solution, une solution 100 % marocaine, issue de la recherche scientifique, qui est passée par plusieurs étapes : développement technologique, développement industriel et engineering, puis tout ce qui est déploiement, contrôle qualité et maintenance. Aujourd’hui, on est fort d’une expérience de quelques années en la matière.

Quelles sont les technologies qui sous-tendent cette innovation ?

Ce sont des technologies relativement complexes qui combinent plusieurs innovations et inventions à la fois, partant du capteur lui-même, qui doit être capable de capter de faibles signaux du spectre électromagnétique, allant vers de l’intelligence artificielle, mais cette fois-ci embarquée, parce qu’on ne pouvait pas envoyer de fortes quantités et de volumes de spectres assez riches en cloud. C’est une information assez confidentielle, conséquente en termes de volume, et il fallait la traiter localement, par des techniques d’Edge Computing et d’Edge AI, qui est un nouveau-né entre l’Edge Computing et l’intelligence artificielle, pour pouvoir détecter des menaces de communication cellulaire, donc plusieurs générations de communication, et distinguer entre un simple champ électromagnétique ambiant et une information émanant d’une communication cellulaire.

Quels sont les résultats, les chiffres, qui illustrent la pertinence de cette innovation et de son efficacité ?

En fait, c’est une solution qui a été déjà adoptée l’année dernière, et qui a été testée sur les 12 régions du Maroc. On a utilisé un ensemble d’équipements, et ça a été testé pendant la deuxième session du baccalauréat, les sessions de rattrapage, et ça a permis de récolter quelques cas pertinents. Cette fois-ci, je pense que le premier résultat, c’est la dissuasion, parce que l’un des principaux objectifs de cette solution, c’est le dissuasif, puis le préventif et, finalement, le curatif. On ne touche au curatif qu’après avoir épuisé l’aspect dissuasif et préventif.

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Les indicateurs dont vous disposez vous confortent-ils ?

Ce que nous voyons aujourd’hui, c’est que même si les chiffres annoncés par le ministère de l’Éducation, dans des communiqués officiels, font état d’une augmentation de cas détectés grâce à ce dispositif, mais aussi grâce au corps professoral et éducatif vigilant, je reste persuadé qu’il y a eu une tendance baissière de l’usage de la triche électronique durant les examens, et chose qui va se confirmer certainement dès le deuxième semestre, la deuxième session, et durant les examens à venir.

Comptez-vous élargir le scope des utilisateurs à d’autres cibles que l’éducation nationale ?

Il faut savoir aussi que c’est un système qui a fait ses preuves durant 12 mois d’usage.

Le ministère de l’Éducation et d’autres ministères l’ont utilisé. Parfois, on ne communique pas sur les organismes ayant utilisé, mais plusieurs concours d’accès à des fonctions publiques, dans des organismes publics, d’autres ministères, d’autres universités, d’autres écoles l’ont utilisé. Et c’est un sujet très pertinent pour pouvoir combattre d’abord par l’esprit dissuasif à partir duquel on s’est basé pour développer cette solution.

Quels sont les next steps, les prochaines étapes ?

Next step, d’abord, c’est de répondre à d’autres besoins. Au Maroc, il y a d’autres organismes qui souhaitent bénéficier de ce système pour instaurer un climat d’équité, de confiance et de sécurisation des espaces d’examens. On est en discussion avec d’autres ministères.

Nous sommes en grande discussion avec trois pays, dont deux pays africains, qui s’intéressent fortement à adopter cette solution pour sécuriser et donner de l’équité, et donner la chance à tous les jeunes de passer les examens dans des conditions d’équité. Et je pense que le next step, c’est ça. Et puis, on s’attaque au marché européen.

Donc, on est en pleine campagne de mesures, d’essais et de conformité aux standards purement européens pour avoir un certain marquage CE qui va faciliter l’accès de cet équipement Made in Morocco, un équipement marocain, un équipement africain, au marché européen.

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