Interview. Imade Benelallam (ToumAI): « L’IA vocale, un puissant levier d’inclusion financière »

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Imade Benelallam ToumAI IA vocale
Imade Benelallam, Cofondateur de l'IA vocale ToumAI

Imade Benelallam est cofondateur de ToumAI, startup marocaine et africaine, qui a fait le choix de se spécialiser dans l’IA vocale (l’intelligence artificielle appliquée aux voix), et plus précisément aux langues africaines. Dans cette interview, il nous explique la pertinence de ce choix et son impact attendu en termes d’inclusion pour les populations rurales.

H24Info. Pourquoi avoir choisi de vous centrer sur l’IA vocale ?

Imade Benelallam. Aujourd’hui, en Afrique, nous sommes plus de 1,5 milliard d’habitants et près de 2 000 dialectes sont parlés. Ces dialectes ne sont malheureusement pas compris par l’IA actuelle, qui maîtrise parfaitement les langues mainstream comme le français ou l’anglais, mais ignore les langues locales. Cela crée une frustration réelle chez les citoyens et les consommateurs. Lorsqu’un client appelle un centre d’appel, il souhaite s’exprimer naturellement dans sa langue, être compris et interprété dans sa culture. ToumAI apporte cette valeur ajoutée : donner aux entreprises la capacité de comprendre et d’interagir avec leurs clients dans leurs langues locales, que ce soit via les centres d’appel ou les applications mobiles.

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Quelle contribution votre innovation peut-elle apporter à l’inclusion bancaire ?

Nous sommes convaincus que l’avenir des transactions passera par la voix. Lors du Visa Fintech Day 2026, nous avons montré que toutes les opérations financières de demain s’orienteront vers l’interaction vocale. Si l’on ne comprend pas cette voix, si l’on ne saisit pas sa dimension culturelle et inclusive, on ne pourra pas servir le client.

Imade Benelallam « Nous accompagnons ainsi un changement de paradigme  »

ToumAI développe des solutions conversationnelles et transactionnelles pour fluidifier les parcours digitaux, améliorer la satisfaction et enrichir la connaissance client. Et ce besoin dépasse l’Afrique : en Europe, des banques en Espagne veulent interagir en catalan, des opérateurs en Belgique en flamand, ou encore des institutions à Malte en maltais. Ce n’est pas seulement une problématique locale, mais bien mondiale.

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Quels mécanismes et technologies déployez-vous pour cette innovation ?

La technologie vocale n’est que la surface. Derrière, nous orchestrons ce que nous appelons un compound AI system : plusieurs modèles d’intelligence artificielle qui travaillent ensemble pour former un agent capable de comprendre une interaction multimodale. La voix est transformée en texte, interprétée par des modèles NLP – qu’il s’agisse de large language models ou d’autres systèmes – puis synthétisée pour répondre naturellement au client.

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Nous avons conçu une infrastructure d’orchestration pour ces voice AI, mais cela repose aussi sur des couches plus profondes : la collecte de données rares, leur traitement et leur entraînement. C’est un travail de R&D considérable, qui vise à ramener l’IA à un niveau où l’on privilégie la valeur et le cas d’usage plutôt que la seule prouesse technologique.

Le Voice AI peut-il offrir des opportunités d’inclusion pour les populations rurales ?

Oui, car l’inclusion culturelle et linguistique est au cœur de notre démarche. L’Afrique est une culture vocale, et nous voulons répondre au besoin d’inclusion des personnes qui ne maîtrisent pas l’écrit. Certaines sont « IA natives », à l’aise avec la technologie, mais préfèrent interagir dans leur langue et par la voix. Nous accompagnons ainsi un changement de paradigme : permettre aux populations de s’exprimer naturellement, dans leur langue, et d’accéder aux services numériques. Cela a un impact direct sur les communautés isolées, en leur ouvrant des opportunités d’interaction et d’inclusion.

Comment cette innovation s’ajuste-t-elle à la thématique de l’inclusion et du paiement ?

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Nous avons la conviction que l’évolution des transactions financières et bancaires se fera de manière vocale. Ce n’est pas une infrastructure de demain : elle commence déjà à être utilisée aujourd’hui. Les GAFAM l’ont compris : en 2026, la quasi‑totalité des nouvelles fonctionnalités dévoilées sont orientées vers la voix – Ask Google, Ask Google Map, Ask Google Pay. Nous nous orientons vers une interaction naturelle et vocale, et ToumAI prépare cette infrastructure pour l’Afrique et au‑delà.

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