Intelligence artificielle : où se situe le Maroc dans la nouvelle scène géopolitique mondiale ?

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Outsourcing , IA , Maroc , transition technologique, BPO , ITO , 
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Le Global AI Index, publié par The Observer, redessine chaque année la carte mondiale de la puissance en intelligence artificielle. Si les États-Unis, la Chine et Singapour dominent toujours le classement, l’enjeu pour les pays émergents — comme le Maroc — est désormais de ne pas rester spectateurs de la révolution technologique la plus structurante du siècle.

Le récent classement du Global AI Index 2024 met en lumière un défi de taille pour le Royaume. Le Maroc s’y positionne au 79e rang mondial sur un total de 83 pays évalués, un résultat qui souligne l’urgence d’accélérer sa stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle. Cette position place le pays parmi ceux ayant le plus de chemin à parcourir pour tirer parti d’une technologie devenue centrale dans la transformation économique mondiale.

Sur le plan continental, le constat est tout aussi préoccupant : le Maroc n’occupe que la 8ᵉ place en Afrique, devancé par l’Égypte, le Rwanda, l’Afrique du Sud, la Tunisie, le Ghana, le Nigéria et même le Bénin, qui ont su mieux mobiliser leurs ressources et structurer leurs écosystèmes.

Le Global AI Index évalue la performance des pays à travers plusieurs piliers essentiels : l’infrastructure, l’innovation en matière de recherche et développement, l’investissement public et privé, ainsi que la vitalité de l’écosystème commercial, incluant les startups et les initiatives privées.

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L’analyse de ces données montre que le Maroc accuse un retard notable dans plusieurs de ces domaines. Alors que les leaders mondiaux progressent grâce à des investissements massifs, une puissance de calcul avancée et des écosystèmes d’IA matures, l’engagement marocain, bien que réel, demeure insuffisant pour rivaliser. L’absence d’infrastructures informatiques de pointe, un cadre réglementaire encore perfectible et un tissu entrepreneurial en IA encore embryonnaire expliquent en grande partie ce classement modeste.

Pour inverser cette tendance et permettre au Maroc de jouer un rôle à la hauteur de ses ambitions dans l’économie numérique mondiale, une série d’actions stratégiques s’impose. La première consiste à révolutionner l’éducation et la formation, en intégrant les disciplines technologiques dès le secondaire et en développant des parcours universitaires spécialisés capables de répondre aux besoins croissants de l’industrie. Le soutien à la recherche et au développement doit également être renforcé, à travers des subventions, des incitations fiscales et des investissements ciblés dans les universités et les centres de R&D, car aucune stratégie d’IA ne peut prospérer sans un socle académique solide. Enfin, la création de hubs technologiques et le développement de partenariats public‑privé sont indispensables pour favoriser la collaboration entre chercheurs, startups et grandes entreprises, et pour transformer l’IA en moteur concret de création d’emplois et de transformation économique.

En somme, si le classement 2024 de l’Indice mondial de l’IA constitue un avertissement, il représente surtout un appel pressant à l’action. L’avenir du Maroc dans l’économie de la connaissance dépend de sa capacité à élaborer et à mettre en œuvre rapidement une stratégie d’intelligence artificielle ambitieuse, cohérente et collaborative. Le retard actuel peut encore devenir une opportunité, à condition d’engager dès maintenant les réformes et les investissements nécessaires pour faire du Royaume un acteur crédible de l’IA sur la scène africaine et internationale.

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