Espagne : comment la filière franco‑marocaine alimente les narcos en armes de guerre

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Arsenal saisi par la police lors de la dernière opération. (Photo publiée par la Police nationale)

Des enquêtes de la police espagnole et de la Garde civile espagnoles révèlent l’existence d’une route d’armes reliant le Maroc, la France et l’Andalousie, où fusils d’assaut et matériel militaire circulent désormais aussi massivement que la drogue. 

Fusils d’assaut AK‑47, grenades et munitions militaires : le Guadalquivir et la Costa del Sol sont désormais traversés par une véritable «route des armes» structurée autour de la filière franco‑marocaine et son relais dans l’Hexagone. En lien avec la Mocro Maffia, ces organisations transnationales contribuent à transformer le sud de l’Espagne en un espace où les clans du narcotrafic disposent d’un arsenal de plus en plus sophistiqué.

Derrière les flux de haschich et de cocaïne qui remontent vers l’Europe, les forces de sécurité espagnoles observent une évolution plus inquiétante. Les enquêtes de la Police nationale et de la Garde civile, relayées par El Español, montrent que certains groupes marocains ne se limitent plus à la logistique de la drogue : ils jouent désormais un rôle central dans l’importation d’armes de guerre destinées aux organisations criminelles andalouses.

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Historiquement implantée dans les ports d’Europe du Nord, la Mocro Maffia étend aujourd’hui ses ramifications jusqu’en Andalousie. Selon le Centre de renseignement contre le terrorisme et la criminalité organisée en Espagne (CITCO), deux pôles structurent ce marché noir : des clans installés dans le nord du Maroc, qui maîtrisent les routes du Campo de Gibraltar et de la Costa del Sol, et des réseaux criminels basés à Marseille, dont la proximité avec les milieux marocains facilite l’acheminement d’armes longues vers la France avant leur transfert vers l’Espagne.

Les investigations montrent que ces filières se sont insérées dans un circuit globalisé. Les armes ne proviennent plus seulement de stocks anciens : elles circulent depuis la Turquie, le Sahel ou l’Europe de l’Est, notamment via les surplus issus de conflits récents. La Kalachnikov reste l’arme privilégiée pour sa robustesse et sa puissance de feu, utilisée autant pour protéger les cargaisons que pour affronter des bandes rivales ou résister aux forces de l’ordre.

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L’un des épisodes les plus marquants s’est déroulé à Marbella, où les autorités espagnoles ont découvert un vaste «narcozulo» creusé sous terre pour dissimuler drogue et armement. Trois ressortissants marocains ont été interpellés sur place, et les policiers ont saisi un arsenal complet comprenant fusils d’assaut, armes automatiques, matériel de communication et inhibiteurs de fréquence. Lors de l’intervention, les trafiquants ont ouvert le feu en rafale, illustrant une escalade de violence assumée.

Cette montée en puissance de l’armement lourd témoigne de l’influence croissante des méthodes de la Mocro Maffia, fondées sur une logistique transfrontalière sophistiquée et une violence décomplexée. En moins de six mois, plus de cinquante armes de guerre ont été saisies en Andalousie. Pour les autorités espagnoles, il ne s’agit plus seulement de lutter contre des trafiquants de stupéfiants, mais de contenir des structures criminelles aux allures paramilitaires qui, entre le Maroc et la France, ont fait du sud de l’Espagne l’un de leurs principaux points d’appui.

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