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Éthiopie: le parti du Premier ministre remporte les législatives
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Le Parti de la prospérité du Premier ministre sortant Abiy Ahmed a sans surprise largement remporté les législatives du 1er juin en Éthiopie, raflant 90% des sièges de la chambre basse du Parlement, a annoncé samedi la commission électorale (Nebe).
La nouvelle Chambre des réprésentants du peuple (HoPR) élira le Premier ministre à l’ouverture de la session parlementaire, entre fin septembre et début octobre. Il fait peu de doutes que M. Abiy sera candidat à sa propre succession à la tête de l’exécutif du deuxième pays le plus peuplé d’Afrique (environ 130 millions d’habitants), déchiré par des conflits armés.
Salué à son arrivée au pouvoir en 2018 pour sa politique d’ouverture et la libération de prisonniers d’opinion et de journalistes, celui-ci est aujourd’hui de plus en plus critiqué à l’extérieur pour sa répression des voix dissidentes et des journalistes sont à nouveau derrière les barreaux.
Le 1er juin, étaient en jeu 501 des 547 sièges de la HoPR, mais la présidente de la Nebe, Melatwork Hailu, a annoncé dimanche que le vote serait réorganisé dans 15 circonscriptions de trois États régionaux, dont le plus peuplé, l’Oromia, sans en préciser les raisons.
Le Parti de la prospérité (PP) a obtenu 438 des 486 sièges finalement attribués, selon les résultats annoncés par Mme Melatwork.
Les 38 sièges de la HoPR attribués au Tigré resteront vacants car, comme en 2021, le scrutin n’a pas eu lieu dans cet État régional septentrional, qui porte toujours les stigmates du conflit ayant opposé entre 2020 et 2022 les forces locales à l’armée fédérale. La guerre a fait environ 600.000 morts, et environ un million de personnes restent déplacées.
Les tensions ont resurgi ces derniers mois entre Addis Abeba et les autorités tigréennes, faisant craindre un nouveau conflit. Les deux camps, qui s’accusent mutuellement de vouloir lancer une nouvelle offensive, ont récemment à nouveau massé des forces à la frontière de la région.
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Les élections n’avaient pu être organisée non plus dans huit circonscriptions de l’Amhara, deuxième État régional le plus peuplé, où les milices nationalistes Fano, qui affrontent depuis plus de trois ans les forces fédérales, avaient menacé de s’en prendre au processus électoral.
L’Éthiopie n’a jamais connu d’élections réellement libres et équitables. Et depuis la chute du régime militaro-marxiste du Derg en 1991, les détenteurs du pouvoir ont toujours été largement reconduits, sur fond d’accusations de fraudes.
Le PP détenait 96% des sièges dans la HoPR sortante, issue des législatives de 2021, et affrontait une opposition divisée et sans moyens. Il était même seul en lice dans 64 circonscriptions.
Selon l’ONG Acled, spécialisée dans l’observation des conflits, les Fano ont provoqué le jour de l’élection « au moins 90 affrontements avec les forces de sécurité dans toute » l’Amhara.
En Oromia, l’Armée de libération oromo (OLA), autre groupe rebelle, a également perturbé l’élection, attaquant des villages du district d’Arsi, à environ 170 km au sud d’Addis Abeba. Selon des témoignages obtenus par l’AFP, au moins 11 civils – et peut-être beaucoup plus – ont été tués dans ces attaques qui se sont déroulées sur plusieurs jours.
Le 1er juin, Acled a « recensé huit affrontements armés » entre l’OLA et les forces fédérales.
La Nebe avait indiqué que 143 bureaux de vote n’avaient pas ouvert le jour de l’élection en raison de « problèmes de sécurité » et que le vote avait été « interrompu » dans plusieurs autres bureaux en Amhara et en Oromia, sans autres détails.
La mission d’observation de l’Union africaine (UA) a souligné que le scrutin s’était déroulé dans « un contexte sécuritaire difficile, notamment dans certaines parties des régions d’Oromia, d’Amhara et du Tigré, où l’insécurité a affecté les activités politiques, les préparatifs électoraux et la participation des électeurs ».
Un peu plus de 40 millions de personnes sont allées voter le 1er juin, sur un total de 54 millions d’inscrits, selon la Nebe.
Une quarantaine de partis étaient opposés au PP, mais le mieux représenté, Ezema, n’a fait concourir que 293 candidats, contre 461 pour le PP qui était même seul en lice dans 64 circonscriptions.
Depuis son arrivée au pouvoir, M. Abiy a affirmé sa volonté de moderniser une économie encore très largement administrée par l’État. De grands travaux ont été entrepris, notamment une vaste rénovation des grandes villes du pays. La construction du plus grand aéroport du continent a officiellement commencé en janvier.
Le pays devrait connaître, selon le Fonds monétaire international, une croissance de plus de 9% en 2026, l’un des taux les plus élevés au monde. Mais l’Éthiopie dépend toujours de l’aide des bailleurs internationaux et le taux de pauvreté est reparti à la hausse (43% de la population), selon la Banque mondiale.
