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Une région canadienne va poursuivre ChatGPT pour une tuerie
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Une région canadienne va attaquer en justice le géant de l’intelligence artificielle OpenAI, accusé de ne pas avoir informé la police des messages violents écrits sur ChatGPT par l’autrice de la tuerie de Tumbler Ridge en février.
La région de Colombie-Britannique (ouest), où a eu lieu cette tuerie de masse qui a profondément marqué le pays, « prépare une action en justice pour tenir l’entreprise d’intelligence artificielle OpenAI et ses dirigeants responsables de ne pas avoir informé les forces de l’ordre », a déclaré à la presse Niki Sharma, chargée de la justice au sein du gouvernement régional.
Elle a précisé avoir engagé des avocats dans la région ainsi qu’en Californie « pour être certain de pouvoir mener le combat contre leur siège si cela est nécessaire ».
« Nous devons cela aux victimes, à leurs familles et à toutes les personnes dont la vie a été chamboulée par cette tragédie », a ajouté Niki Sharma, qui a reconnu que le processus judiciaire « prendrait du temps ».
Le 10 février, une jeune femme transgenre originaire de Tumbler Ridge, a tué sa mère et son demi-frère avant de se rendre dans son ancien collège-lycée et d’y abattre cinq enfants de 12 et 13 ans et une éducatrice de 39 ans.
Jesse Van Rootselaar, qui s’est ensuite donné la mort, avait des problèmes de santé mentale et la police s’était plusieurs fois rendue au domicile familial.
Onde de choc
Cette attaque a provoqué une onde de choc au Canada, un pays voisin des Etats-Unis mais peu habitué aux tueries de ce type.
OpenAI a été lourdement critiqué pour le rôle de ChatGPT dans cette affaire et notamment pour ne pas avoir alerté la police malgré les messages violents écrits par la jeune femme. Ses dirigeants ont été convoqués à Ottawa pour détailler leurs protocoles de sécurité.
L’entreprise avait indiqué avoir identifié en juin 2025 un compte lié à la responsable de la tuerie et l’avoir suspendu. Mais elle n’avait pas informé la police canadienne.
Elle s’était justifiée en assurant que ce compte ne remplissait pas ses critères permettant de déclencher un tel signalement, notamment parce que le contenu n’indiquait pas que la préparation d’une attaque était crédible ou imminente.
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Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a présenté en avril ses excuses à la ville de Tumbler Ridge, se disant « profondément désolé » que son entreprise n’ait pas effectué ce signalement.
En mars, la famille d’une jeune fille gravement blessée lors de la tuerie a porté plainte au Canada contre l’entreprise pour négligence.
Sept autres plaintes visant le géant de l’intelligence artificielle ont été déposées en avril devant un tribunal fédéral américain en Californie, au nom des familles des victimes.
Les avocats représentant ces familles assurent dans leur plainte qu’OpenAI n’a pas informé la police « car signaler un cas aurait signifié en signaler des milliers ».
Ils affirment également que lorsqu’un compte est suspendu pour comportement dangereux, OpenAI explique à l’utilisateur comment il peut continuer son activité, lui conseillant notamment de créer un nouveau compte en utilisant une autre adresse e-mail.
Cette action en justice contre l’interface d’intelligence artificielle n’est pas isolée. Aux Etats-Unis, le procureur de Floride a annoncé en avril l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur le rôle que pourrait avoir joué OpenAI et ChatGPT dans une attaque mortelle s’étant déroulée en avril 2025. Une première en matière pénale dans le pays.
Le procureur a expliqué que ChatGPT avait « donné des indications significatives au tireur avant qu’il ne commette ce crime haineux », qui a fait deux morts et six blessés sur le campus de l’université Florida State.
