Tunisie: la justice refuse la libération de célèbres chroniqueurs

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Les Tunisiens assistent à une manifestation dénonçant la politique du président de Tunis devant le ministère de l'Intérieur à Tunis le 13 septembre 2024, à l'approche des prochaines élections présidentielles. (Photo de FETHI BELAID / AFP)

Les avocats de deux célèbres chroniqueurs tunisiens détenus depuis 2024, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont réclamé mardi leur libération, sans obtenir satisfaction, à l’ouverture de leur procès en appel pour blanchiment d’argent et « évasion fiscale ».

« C’est un procès politique », a dit au juge l’avocat de M. Zeghidi, Ghazi Mrabet. « Il ne représente aucun danger pour la société ».Mourad Zeghidi, qui possède aussi la nationalité française et a par le passé travaillé pour Canal+, et Borhen Bsaies étaient présents mardi à l’audience devant la cour d’appel de Tunis, à laquelle ont assisté des diplomates représentant la France, l’Union européenne, la Belgique et les Pays-Bas.En première instance en janvier, les deux chroniqueurs  avaient été condamnés à trois ans et demi de prison, une peine jugée lourde par plusieurs ONG locales et internationales.

Mardi soir, le juge a rejeté la demande de libération provisoire avancée par leur défense, et a fixé la date du 28 avril pour la prochaine audience, a indiqué à l’AFP Me Ghazi Mrabet.

Les deux journalistes avaient été placés en détention en mai 2024 pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux.

Lire aussi. Tunisie:  les organisateurs d’une nouvelle flottille propalestinienne arrêtés

Condamnés à une année de prison en vertu d’un décret-loi présidentiel visant officiellement à lutter contre « les fausses informations », mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel.

Ils auraient dû sortir de prison en janvier 2025 mais sont restés en détention pour cette affaire de « blanchiment d’argent » et d’« évasion fiscale ».

« Cette mascarade a suffisamment duré », a fustigé Meriem Zeghidi, la soeur de M. Zeghidi.

« Il n’y a aucune justification ni aucun élément ayant un rapport avec le blanchiment d’argent ou quoi que ce soit d’autre. On demande la libération immédiate de Mourad, sans conditions », a-t-elle dit à l’AFP.

Des ONG nationales et internationales dénoncent régulièrement une « régression » des libertés en Tunisie depuis le coup de force du président Saied en juillet 2021.

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