Interview. Nisrine Iouzzi: voici où en est le projet du port Dakhla Atlantique

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Nisrine Iouzzi port dakhla atlantique
Nisrine Iouzzi, directrice de l'aménagement du port Dakhla Atlantique. ©DR

Nisrine Iouzzi, directrice de l’aménagement du port Dakhla Atlantique, revient dans cet entretien sur la portée stratégique de ce grand projet structurant, l’état d’avancement des travaux, et les retombées économiques attendues, ainsi que les mesures adoptées en matière de durabilité.

1. Quelle est la vocation stratégique du port Dakhla Atlantique dans le cadre du développement des provinces du Sud et de la vision portuaire nationale ?

Le port Dakhla Atlantique s’inscrit dans le cadre de la Vision Royale pour le développement intégré de la façade atlantique et le renforcement de la coopération Sud-Sud avec les pays du Sahel. Il constitue également un pilier essentiel de la stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030, pilotée par le ministère de l’Équipement et de l’Eau.

Ce projet joue un rôle central dans le programme du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, tout en s’intégrant pleinement dans le plan de développement régional de Dakhla-Oued Eddahab. De par son positionnement géostratégique, il vise à faire de la région un hub de rayonnement économique, logistique et industriel au niveau continental et international.

2. Pouvez-vous nous décrire les principales composantes du projet et les capacités prévues en termes d’infrastructures et de trafic maritime ?

Le port disposera d’une capacité globale de 35 millions de tonnes, répartie entre le vrac liquide, le vrac solide, les conteneurs (jusqu’à un million d’EVP), la réparation navale et les activités liées à l’industrie de la pêche.

Il s’agit d’un port à vocation multiple, principalement orienté vers la logistique, l’industrie et l’énergie, notamment dans le cadre de l’offre nationale pour l’exportation de l’hydrogène vert sous forme d’ammoniac.

Parmi les infrastructures majeures figurent des ouvrages de protection, des terre-pleins, des quais d’accostage, ainsi qu’un pont maritime de 1,3 km assurant la connectivité avec la côte.

3. À ce stade, quel est le taux d’avancement des travaux et quelles sont les prochaines étapes majeures jusqu’à la mise en service ?

À ce jour, le projet affiche un taux global d’avancement avoisinant les 40 %. Le pont maritime est réalisé à hauteur de 85 %, avec les travaux de raccordement en cours depuis la route nationale n°1.

Les ouvrages de protection avancent également, notamment en matière de clapage, de mise en place des sous-couches et de préfabrication des cubipodes, dont près de 125.000 unités ont déjà été produites.

Les travaux de remblaiement débuteront prochainement pour les bassins et les terre-pleins. En parallèle, la préfabrication des blocs de quai pour les ouvrages d’accostage constitue la prochaine étape majeure du chantier.

4. Quelles seront, selon vous, les retombées économiques et sociales les plus marquantes pour la région de Dakhla et au-delà ?

Le port Dakhla Atlantique représente un levier structurant pour l’économie régionale et nationale. En facilitant le transit maritime de marchandises, il contribuera à l’ouverture de la région sur les marchés africains, américains et internationaux, d’autant plus qu’il renforcera l’offre logistique du Maroc, tout en soutenant la création d’une nouvelle dynamique industrielle à travers la zone logistique intégrée.

Ce projet vise aussi à favoriser l’exportation, la diversification des flux et l’attraction d’investissements, avec des retombées directes en matière d’emploi, d’infrastructures et de développement local durable.

5. Le port Dakhla Atlantique adopte-t-il une approche durable ? Quelles sont les mesures prises pour réduire son impact environnemental ?

La durabilité constitue un pilier fondamental du chantier, à la fois dans sa conception et dans sa réalisation. Plusieurs actions concrètes ont été mises en œuvre, notamment l’utilisation de matériaux locaux pour limiter l’empreinte carbone, le recours aux engins nautiques pour les travaux de clapage 24h/24, et l’installation de panneaux solaires sur le site.

Une démarche circulaire est également adoptée, avec la réutilisation des matériaux issus des digues provisoires pour les remblais futurs. Le projet applique un plan d’assurance qualité de niveau 3, conforme aux standards internationaux en matière d’hygiène, de sécurité, et de protection de l’environnement, incluant la gestion des eaux usées sur site.

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