Karim Zidane à la CGEM: «Le momentum marocain n’est pas une fiction»

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De gauche à droite, Karim Zidane, MICEPP, Chakib Alj, Pdt CGEM et Mehdi Tazi, VP CGEM, lors de la rencontre

La CGEM a reçu, hier mardi, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques. Cette rencontre, tenue au siège de l’organisation patronale à Casablanca, a porté sur l’incitation à l’investissement et la création d’emplois.

En provenance de Rabat, sous une pluie intermittente, le ministre en charge de l’Investissement a déroulé hier mardi, devant la CGEM réunie en conseil d’administration, divers axes stratégiques portés par son département. Parmi ceux-ci figuraient un bilan d’étape des retombées de la Charte de l’investissement, les mesures spécifiques prévues pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) dans le cadre de ladite charte, la réforme des Centres régionaux d’investissement (CRI) et les dispositifs envisagés pour la simplification du parcours de l’investisseur.

Hôte de cette séance de travail, Chakib Alj, président de la CGEM, a d’emblée exprimé au ministre que cet échange est une occasion pour lui et ses pairs, patrons d’entreprise, «d’en savoir davantage sur les actions de [son] département pour stimuler l’investissement, soutenir les TPME, créer de l’emploi, améliorer la gouvernance et saisir toutes les opportunités qui se présentent». Il a, à ce titre, rappelé la pleine conscience du secteur privé à saisir le «momentum remarquable» que traverse le Maroc «pour créer de la valeur ajoutée et de l’emploi, continuer à innover et accélérer la dynamique de croissance économique».

Un momentum qui, selon lui, se caractérise par les échéances sportives à venir (CAN 2025, Coupe d’Afrique féminine de football, Coupe du monde de football 2030, etc.), les grands chantiers infrastructurels qu’elles entraînent, ainsi que la dynamique autour des énergies renouvelables.

Investissements: des avancées significatives 

Le patron des patrons a aussi souligné d’autres mesures ayant trait à la stimulation de l’investissement, notamment les 130 milliards de dirhams (MMDH) prévus dans ce cadre par la loi de finances 2025, les résultats enregistrés dans le déploiement de la Charte de l’investissement et le record atteint en termes d’investissements directs étrangers (IDE), avec une hausse de 20% par rapport à 2023.

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Alj n’a toutefois pas manqué d’indiquer au ministre les attentes du secteur privé. Parmi elles, l’élargissement de la Charte aux TPME, l’amélioration de leur accès au financement, des mesures pour favoriser d’autres véhicules d’investissement ainsi qu’un renforcement de l’image du Royaume à l’international, afin d’améliorer le flux des IDE et de diversifier leur provenance.

Dans la foulée, le président de la CGEM a mis en relief les enjeux à adresser pour améliorer le niveau d’investissement privé et la création d’emplois. La modernisation du Code du travail, l’amélioration du climat des affaires, l’accès au foncier et à une énergie renouvelable compétitive, ainsi que la simplification du parcours de l’investisseur, constituent les principales attentes.

En réponse au patronat, Karim Zidane a tenu des propos rassurants. «Le momentum marocain est une réalité, et non une fiction», a-t-il déclaré, avant de dresser un bilan de la Charte de l’investissement depuis son déploiement. «En deux ans, sept Commissions Nationales des Investissements (CNI) ont permis d’approuver 191 projets pour un montant total de 326 milliards de dirhams et prévoyant la création de 150.000 emplois directs et indirects à travers le Royaume», a-t-il souligné.

Un soutien accru aux TPME

Dans le détail, il a précisé que parmi les projets approuvés, 179 représentant un investissement total de 248 milliards relèvent du dispositif principal, tandis que les 12 autres, avec un volume d’investissement de 78 MMDH, appartiennent au dispositif stratégique et permettront la création de 60.000 emplois.

Le ministre a également mis en avant la territorialité accrue des investissements, avec près de 50% des montants prévus hors des axes historiques Tanger-Casablanca-Rabat, ainsi que la diversité sectorielle et l’implication croissante des investisseurs marocains, qui sont à l’origine de 70% des investissements dans le cadre du dispositif principal. La diversité des secteurs investis, 33 au total, ainsi que l’origine des investissements (20 pays en dehors des partenaires traditionnels), démontrent l’attractivité de la Charte, a-t-il noté.

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Le dispositif de la Charte dédié aux TPME a été évoqué par le ministre. Selon ce dernier, «le décret qui définira les modalités de mise en œuvre de ce dispositif est en cours de discussion au sein du gouvernement. Il devrait être adopté dans les prochaines semaines.» Il a également précisé que ce dispositif s’adressera aux projets d’investissement d’un montant compris entre 1 et 50 millions de dirhams. En ce qui concerne la gouvernance, «la simplicité et l’accessibilité seront au cœur de ce dispositif».

Optimisation du parcours de l’investisseur

Quant aux réformes relatives aux Centres régionaux d’investissement (CRI) et aux Commissions régionales unifiées d’investissement, Zidane a laissé entendre qu’elles visent essentiellement à améliorer la gouvernance de l’investissement. «La loi 22-24, qui vient d’être adoptée par le Parlement et publiée au Bulletin officiel le 30 décembre dernier, est venue modifier et compléter la loi 47-18. Cette révision s’accompagne de la définition d’un nouveau positionnement pour les CRI, instaurant une nouvelle feuille de route à horizon 2026», a-t-il ajouté.

Dernier élément de sa présentation: le parcours de l’investisseur, que le ministre juge nécessaire de simplifier. Parmi les initiatives phares entreprises dans ce sens, il a cité l’analyse de 600 textes réglementaires et 250 témoignages d’investisseurs, permettant d’identifier des leviers d’action concrets pour lever les obstacles.

Karim Zidane a noté que le diagnostic établi a révélé des pratiques hétérogènes, un accès à l’information difficile et des traitements administratifs peu uniformes. Des plans d’action ont été définis, notamment une plateforme numérique dédiée à l’accompagnement des investisseurs, avec pour objectif de réduire les blocages et d’accroître la transparence.

La rencontre a été marquée par une convergence de points de vue entre le ministère et la CGEM. Si des défis subsistent, les deux parties ont réaffirmé leur détermination à collaborer étroitement pour concrétiser les ambitions d’un Maroc attractif et compétitif sur la scène internationale. «Simplifier, accompagner et innover sont les maîtres-mots de notre stratégie pour soutenir l’investissement», a conclu le MICEPP.

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