Katakit: l’éclosion maîtrisée d’une couveuse « made in et made for Morocco »

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Katakit Maroc
Khalil Tantawi, fondateur de Tantawi reste centré sur le marché local

Khalil Tantawi fabrique les couveuses à œufs Katakit, pensées pour les réalités du terrain marocain. Porté par une exigence de robustesse et une volonté d’autonomie industrielle, son projet illustre une dynamique locale qui cherche à s’affirmer, entre innovation artisanale, ambition territoriale et pragmatisme économique.

Dans un atelier discret, Khalil Tantawi fabrique des couveuses à œufs pensées pour le marché marocain. Le projet Katakit, lancé en 2018, repose sur une ambition simple : proposer un produit robuste, ergonomique et accessible, tout en respectant les standards européens. «Tout est fabriqué au Maroc, dans notre atelier. Nous avons des modèles allant de 98 à plus de 2.000 œufs», explique ce technicien de formation, issu d’une famille d’agriculteurs.

La démarche est artisanale mais structurée. Avec une production annuelle de 120 à 150 unités, Katakit s’est imposé sans publicité, porté par le bouche-à-oreille et la satisfaction client. «Le client doit être satisfait, c’est non négociable», insiste Tantawi, qui revendique une qualité comparable aux standards européens. Robustesse, facilité d’entretien, service après-vente : les arguments sont clairs, et la fidélité des acheteurs en témoigne.

Le projet bénéficie du soutien de certains programmes d’accompagnement des entrepreneurs, comme 1000 Fikra et Forsa, mais reste limité par son statut d’auto-entrepreneur. «Pour passer à l’échelle supérieure, il faut devenir une SARL et former une équipe. La demande existe, mais la capacité technique ne suit pas encore», reconnaît Tantawi.  L’ambition est là, mais les moyens manquent.

Katakit : l’international, pas une priorité

Vis-à-vis de l’international, le fondateur de Katakit reste prudent. L’Afrique est identifiée comme un débouché potentiel, mais les écarts de pouvoirs d’achat et la concurrence des couveuses chinoises freinent cette ambition. «Le prix est très bas, difficile à aligner sans sacrifier la qualité.» Pour l’heure, Katakit se concentre sur le marché marocain, où les marges de progression restent importantes.

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Sur le volet énergétique, l’entreprise mise sur l’optimisation. Isolation renforcée, ventilation calibrée, consommation maîtrisée… chaque détail compte. «On essaie de minimiser au maximum la consommation d’énergie.» Si aucune solution solaire n’est encore intégrée, l’approche reste pragmatique et évolutive.

Au-delà du produit, c’est une vision territoriale qui se dessine. Une industrie locale, pensée pour les réalités du terrain, portée par un acteur qui connaît ses limites mais refuse de renoncer à ses ambitions. «Le Maroc a encore beaucoup à offrir. Je veux grandir ici, avec les moyens du pays.»

Katakit n’est pas une success story formatée. C’est une initiative en construction, un maillon d’un écosystème agricole qui cherche à se structurer. Et dans chaque couveuse fabriquée, il y a un peu de cette volonté de faire éclore, à partir du local, une réponse aux besoins du terrain.

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