Chakib Alj: « La CGEM défend surtout les TPME »

Publié le
Chakib Alj, président de la CGEM, et Younès Sekkouri, ministre de l'Inclusion économique sur le stage de Carrefour de la TPME
Chakib Alj, président de la CGEM, et Younès Sekkouri, ministre de l'Inclusion économique sur le stage de Carrefour de la TPME

Le Carrefour de la TPME, une nouvelle initiative portée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a été lancé ce jeudi à Bouskoura, en présence de Younès Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences.

Lors de son intervention, Chakib Alj, président de la CGEM, n’a pas caché l’importance de cet événement, qu’il considère comme un tournant pour l’écosystème entrepreneurial marocain. Il a surtout tenu à dissiper une idée reçue selon laquelle l’organisation patronale ne serait tournée que vers les grandes entreprises. «La CGEM défend surtout les TPME, qui représentent 95% de l’économie. Une économie où les TPME n’ont pas confiance ne peut se développer comme il se doit», a-t-il affirmé.

Alj a également mis en avant les mesures prises par la CGEM pour faciliter le quotidien des chefs d’entreprise, notamment à travers des corridors de dialogue avec des institutions stratégiques telles que l’Administration fiscale et la CNSS.

Un accompagnement concret pour les patrons de TPME

Au-delà de ces dispositifs, la CGEM continue de travailler sur des sujets fondamentaux liés à l’environnement des affaires et au développement du tissu entrepreneurial, incluant les TPME. «Nous nous investissons sur des chantiers prioritaires comme la question des délais de paiement, la loi sur la grève, ou encore le nouveau Code du travail», a souligné le patron des patrons marocains, rappelant les défis majeurs auxquels fait face le secteur privé.

Lire aussi : Casablanca-Settat, la GIZ lance un appel d’offres pour l’accompagnement des TPME

Egalement présent lors du lancement du Carrefour de la TPME, Younès Sekkouri a pour sa part mis en lumière l’importance des TPME pour l’économie nationale, faisant de leur accompagnement une priorité pour son département. Il a notamment évoqué le problème de l’informel, qui freine le développement des entreprises. «Une bonne partie de ces entreprises opèrent dans l’informel. En plus de fragiliser les structures évoluant dans le formel, elles subissent tous les problèmes liés à l’informel», a-t-il déploré.

Des mesures pour renforcer l’investissement et le financement des TPME

Pour améliorer l’environnement des TPME, le ministère travaille sur plusieurs axes, dont le financement et l’investissement. «Il y aura un mécanisme précis permettant la remontée systématique des obstacles au financement de ces entreprises. Ce mécanisme devra théoriquement régler beaucoup de problèmes», a expliqué Sekkouri, précisant qu’une discussion est en cours avec les banques pour établir un pré-scoring qui facilitera l’accès aux financements.

Autre chantier sur lequel travaille le ministère: les autorisations. Une grande réunion sera organisée courant juin pour simplifier ces démarches. À ce sujet, Chakib Alj a insisté sur l’urgence de lever ces contraintes, afin que les chefs d’entreprise puissent se consacrer pleinement à leur activité.

Profitant du Carrefour de la TPME, Younès Sekkouri a aussi annoncé des avancées significatives sur le plan législatif. «Il y aura un nouveau Code du travail d’ici la fin de l’année qui viendra résorber des questions épineuses, tant pour les entreprises que pour les salariés», a-t-il annoncé. Ce texte apportera plus de clarté sur plusieurs aspects, notamment le travail à distance, le travail partiel et l’encadrement de l’emploi féminin.

Lire aussi : Construction des autoroutes, l’expertise et les TPME marocaines priorisées

Selon le ministre, les femmes représentent 33% des effectifs déclarés à la CNSS, mais ce chiffre descend à 19% lorsque l’informel est pris en compte. Un autre volet de la réforme ciblera les travailleurs non diplômés, qui représentent 910.000 des 1,6 million de non diplômés actifs.

Un programme inédit pour soutenir les TPME

Dans le cadre de cette dynamique, le ministère prévoit également un programme dédié aux TPME, orienté vers le financement des dépenses opérationnelles plutôt que des investissements lourds. Ce dispositif ciblera les auto-entrepreneurs et couvrira les frais liés au loyer, à la tenue comptable, aux outils de production et aux services immatériels. Quelque 110.000 personnes devraient pouvoir en bénéficier, a précisé Sekkouri.

Avec le Carrefour de la TPME, la CGEM veut faire des TPME un moteur de croissance durable, en levant les barrières qui entravent leur développement. Ce rendez-vous marque une étape clé dans la mise en œuvre de nouvelles stratégies, essentielles pour donner aux petites et moyennes entreprises les moyens d’affronter les mutations économiques et de renforcer leur compétitivité.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Chakib Alj: « La CGEM défend surtout les TPME »

S'ABONNER
Partager
S'abonner