La situation des charges et ressources du Trésor dégage un excédent budgétaire de 2,49 milliards…
Les fonctionnaires de la TGR menacent de paralyser la clôture budgétaire
Publié le
Les fonctionnaires de la Trésorerie générale du Royaume (TGR) dénoncent une mise en œuvre «brutale» de la loi 14.25, marquée par des évictions forcées et l’absence de solutions de redéploiement. Une mobilisation nationale menace désormais de paralyser la clôture budgétaire.
La fin d’année s’annonce sous tension au ministère de l’Économie et des Finances. La mise en œuvre de la loi 14.25 — censée transférer la gestion des taxes locales aux collectivités territoriales — devait être une simple formalité, mais elle a déclenché une vague de contestation sans précédent au sein de la Trésorerie générale du Royaume (TGR).
Au cœur du conflit, les fonctionnaires dénoncent une application jugée « brutale et improvisée » de la réforme, marquée par la réaffectation de 92 sièges de perceptions au ministère de l’Intérieur sans qu’aucune solution de redéploiement décente n’ait été prévue pour les agents en place.
Le malaise a pris une nouvelle dimension ces derniers jours avec ce que les syndicats qualifient de « scènes d’expulsions manu militari ». Selon les témoignages rapportés par les collectifs de fonctionnaires, des agents d’autorité, escortés par des éléments des Forces auxiliaires, auraient investi plusieurs perceptions, notamment à Rabat-Mabella, Tanger ou encore Béni Mellal, pour exiger la remise immédiate des clés.
Plus grave encore sur le plan juridique: ces évictions et les changements de serrures s’effectueraient sans la signature des procès-verbaux de passation réglementaires, rapportent plusieurs fonctionnaires. « Une situation explosive pour des comptables publics dont la responsabilité pécuniaire et personnelle reste engagée sur des fonds et des archives dont ils n’ont plus, de fait, le contrôle sécurisé », dénoncent certains.
Lire aussi. La DGI publie le Code Général des Impôts 2025
Dénonçant un «mépris pour la dignité humaine» et une «trahison des engagements ministériels», les agents de la TGR passent à l’offensive. Ils viennent d’annoncer un calendrier de mobilisation qui risque de paralyser la machine financière au moment le plus critique de l’année: la clôture budgétaire.
Dès ce lundi 29 décembre, le port du brassard rouge et une grève du zèle marquent le début des hostilités dans l’ensemble des perceptions du Royaume. Le mouvement montera ensuite en puissance les 30 et 31 décembre avec des sit-in organisés devant le siège du ministère à Rabat et les directions régionales, visant à interpeller directement le département de tutelle.
Au-delà de la contestation, ils réclament le traitement immédiat de leurs demandes de mutation vers d’autres directions du ministère ou des services centraux, refusant de devenir les victimes collatérales d’un «chaos organisationnel» entre l’Économie et l’Intérieur.
En paralysant le système à ce moment précis, les agents de la TGR envoient un message clair au Chef du gouvernement: sans solution concrète de redéploiement, c’est toute la machine financière de l’État qui risque le «black-out» pour le passage à l’année 2026.
Les syndicats préviennent déjà: si aucune réponse immédiate n’est apportée à leurs revendications, le mouvement pourrait se transformer en grève nationale illimitée dès la rentrée de janvier.
