Le parquet a ordonné l'ouverture d’une enquête sur les circonstances du meurtre, dimanche soir à…
Le Maroc ouvre une enquête anti-dumping sur les tapis jordaniens
Publié le
Le ministère de l’Industrie et du Commerce a formellement lancé, à compter du 1er octobre 2025, une nouvelle procédure de défense commerciale.
Cette enquête anti-dumping cible spécifiquement les importations de tapis et autres revêtements de sol textiles à fabrication mécanique provenant de Jordanie, soupçonnées de concurrence déloyale. L’initiative, encadrée par la loi n°15-09 relative aux mesures de défense commerciale, fait suite à une requête déposée par plusieurs industriels.
La plainte a été introduite par la société ALEPTEX et soutenue par deux autres producteurs nationaux majeurs, POLYFASHIONS et MED CARPET. Ces entreprises affirment représenter près de 98 % de la production nationale de tapis en 2024, conférant à leur démarche la représentativité nécessaire pour alerter les autorités.
Une hausse des importations à prix cassés
Les plaignants dénoncent des pratiques de dumping, caractérisées par la vente de produits jordaniens sur le marché marocain à des prix inférieurs à leur « valeur normale » (le prix de vente dans leur pays d’origine). Les données transmises au département de Ryad Mezzour illustrent une dynamique d’importation jugée alarmante.
Les importations de tapis en provenance de Jordanie ont en effet bondi de 141 % en un an, passant de 426.303 m² en 2022 à plus de 1 million de m² en 2023. Malgré un léger repli en 2024, les volumes importés restent élevés, maintenant une pression continue sur la compétitivité de la production locale.
Les premières analyses du ministère, après consultation de la Commission de surveillance des importations (CSI) réunie le 24 septembre, ont confirmé que la marge de dumping présumée dépasse largement le seuil de minimis de 2 %, justifiant ainsi l’ouverture de l’enquête.
Le Maroc renforce son bouclier commercial
Cette mesure n’a rien d’exceptionnel; elle s’inscrit dans une pratique de défense commerciale de plus en plus courante face à la fragilité de certains écosystèmes industriels nationaux.
Le Maroc a déjà eu recours à de tels droits anti-dumping sur les tapis en 2022, ciblant à la fois la Chine, l’Égypte et la Jordanie (même si les droits appliqués à l’époque étaient nuls pour les tapis jordaniens). Plus récemment, le ministère a lancé une enquête similaire concernant les tôles d’acier en provenance d’Égypte et a prolongé des sanctions contre le PVC américain, signalant une vigilance accrue sur ses frontières économiques.
Lire aussi. Production industrielle : léger repli de l’IPPIEM du secteur manufacturier en août
Cette nouvelle enquête, dont la période d’analyse des pratiques de dumping s’étend du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025, vise à déterminer précisément l’existence et l’ampleur du dommage subi par l’industrie nationale. Des mesures provisoires pourraient être adoptées avant la conclusion définitive, qui est attendue dans un délai de 12 à 18 mois, si les résultats intermédiaires confirment l’existence d’un dumping préjudiciable.
Les exportateurs jordaniens et les importateurs marocains disposent désormais de 30 jours à compter de l’ouverture de l’enquête pour se faire connaître et fournir au ministère les informations nécessaires à l’établissement d’une évaluation définitive.
