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OCP: les États-Unis lancent une révision des taxes imposées aux engrais marocains depuis 2021
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Le département américain du Commerce s’apprête à entamer une révision approfondie des droits compensateurs imposés aux importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc et de la Russie, une démarche susceptible d’aboutir à leur allègement, leur modification ou leur suppression.
Selon la plateforme spécialisée Discovery Alert, cette procédure devrait être lancée au mois de mars prochain. Elle s’inscrit dans le cadre du mécanisme légal de réexamen quinquennal, prévu par la législation commerciale américaine, visant à déterminer si le maintien des droits de douane demeure économiquement justifié.
Cette révision portera sur une analyse économique complète des flux commerciaux, de l’éventuel préjudice subi par l’industrie locale américaine, ainsi que de l’impact des droits sur les chaînes d’approvisionnement, les prix du marché et les coûts de production agricole. Le processus peut s’étendre jusqu’à 360 jours.
L’objectif principal est d’évaluer si la levée ou l’ajustement de ces mesures pourrait entraîner une concurrence jugée déloyale ou porter atteinte aux producteurs américains, tout en mesurant leurs effets sur la compétitivité du secteur agricole national.
Pour rappel, les États-Unis avaient instauré en mars 2021 des droits compensateurs de 19,97 % sur les engrais phosphatés marocains, à la suite d’une plainte déposée par la société américaine Mosaic, qui accusait le Maroc de bénéficier de subventions publiques.
Les engrais russes avaient également été concernés par ces sanctions, avec des droits fixés à 9,19 % pour PhosAgro et à 47,05 % pour EuroChem.
Coût supplémentaire de 6,9 MM $ pour les agriculteurs US
Selon un rapport du Center for Agricultural and Food Policy de l’Université du Texas, ces mesures ont entraîné une hausse significative des prix des engrais aux États-Unis, augmentant les coûts supportés par les agriculteurs américains d’environ 6,9 milliards de dollars entre 2021 et 2025.
La plateforme Discovery Alert souligne que ces droits ont fortement pesé sur les coûts de production agricole, réduisant la compétitivité des engrais importés et affectant la rentabilité du secteur.
À l’inverse, une éventuelle suppression ou révision des taxes pourrait permettre une baisse des coûts de production, avec des retombées positives sur la productivité agricole et la stabilité des prix sur le marché américain.
Toute modification du régime douanier aurait également un impact direct sur le commerce international du phosphate, d’autant plus que le Maroc demeure l’un des principaux fournisseurs des États-Unis en engrais phosphatés.
L’OCP face à une longue bataille tarifaire
Depuis, près de cinq ans, le groupe marocain OCP fait preuve d’une résilience notable sur le marché américain, malgré les offensives répétées de son concurrent Mosaic, qui aspire à une position quasi-monopolistique sur le segment des engrais phosphatés.
Dès 2020, le groupe américain a multiplié les démarches auprès des autorités fédérales afin d’imposer des taxes élevées aux produits marocains, ouvrant une longue séquence de contentieux commerciaux devant les juridictions spécialisées.
Sous cette pression, le département américain du Commerce avait décidé en novembre 2024 de relever, pour la deuxième fois, les droits compensateurs appliqués aux engrais de l’OCP à 16,81 %, une décision immédiatement contestée par le groupe marocain.
Des décisions judiciaires favorables à l’OCP
En 2023, plusieurs juges américains avaient déjà remis en cause certains calculs initiaux du département du Commerce, qualifiant certains mécanismes tarifaires de « déraisonnables », ce qui avait conduit à une révision partielle des taux.
Ces décisions avaient conforté la position de l’OCP, qui soutient que les démarches de Mosaic ont contribué à créer des pénuries d’engrais aux États-Unis, mettant en péril la sécurité alimentaire et la stabilité du secteur agricole national.
En 2024, le paysage tarifaire a commencé à évoluer : Mosaic a retiré certaines demandes de révision, tandis que l’OCP a poursuivi ses recours afin de contester le fondement économique et juridique des taxes encore en vigueur.
Un enjeu stratégique pour le commerce mondial du phosphate
Toute modification du régime douanier américain aura des répercussions directes sur le commerce international du phosphate, un marché hautement stratégique pour l’agriculture mondiale.
Le Maroc, qui détient plus de 70 % des réserves mondiales connues de phosphate, demeure l’un des principaux fournisseurs des États-Unis, faisant de ce dossier un enjeu à la fois économique, industriel et géostratégique.
À l’heure où Washington cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement et à limiter la volatilité des prix agricoles, la révision annoncée apparaît comme un test majeur entre logique protectionniste et rationalité économique.
