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Paiement électronique : jusqu’à 300 MMDH de flux, cap sur les petits commerçants
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À l’occasion de la 9ᵉ édition du Forum africain du paiement électronique, organisée ce mercredi à Casablanca sous le thème «Nouvel écosystème, nouvelles règles du jeu», les acteurs du secteur ont dressé une photographie de l’existant, des défis et évoqué les perspectives pour le Maroc. Interopérabilité, inclusion financière, transformation monétique et rôle des petits commerçants ont été passés au crible.
Inaugurant les prises de paroles à l’occasion du premier panel consacré à la nouvelle configuration du marché des paiements, Hakima Alami, représentante de Bank Al-Maghrib, a rappelé que l’interopérabilité demeure l’un des principaux défis du secteur.
Elle a évoqué l’introduction de nouveaux acteurs en concurrence au Centre monétique interbancaire (CMI). Chose qui selon elle, n’a pas été sans heurts, révélant plusieurs points de tension: des besoins en moyens importants, l’impact persistant de l’informel, un déficit d’éducation financière et des contraintes de coût liées notamment aux commissions d’interchange.
Pour répondre à ces enjeux, BAM a mis en place une feuille de route dédiée aux paiements électroniques, regroupant l’ensemble des initiatives en cours. Pilotée par un comité ad hoc, cette feuille de route intègre des réformes structurelles, dont celle du commerce électronique.
L’un des axes majeurs de cette feuille de route reste l’acceptation des paiements digitaux, encore freinée par de nombreuses réticences. «Il ne suffit pas de déployer des solutions techniques, il faut aussi accompagner les commerçants dans leur appropriation», a souligné Hakima Alami.
Pour lever ces obstacles, un fonds a été lancé en partenariat avec BAM pour faciliter l’équipement des commerçants en terminaux de paiement (TPE), supporter une partie des coûts opérationnels et renforcer la sensibilisation.
Une transformation monétique à grande vitesse
Pour Rachid Saihi, directeur général du CMI, la révolution des moyens de paiement est indissociable de la transformation globale du pays. «On n’est plus dans le même Maroc», a-t-il lancé, comparant les 100 km d’autoroutes en 1999 aux près de 2.000 km aujourd’hui. Cette dynamique se retrouve dans la monétique : les flux sont passés de 3 milliards de dirhams en 2000 à plus de 133 milliards actuellement, soit une multiplication par 33.
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En intégrant les factures et autres opérations, le volume dépasse les 200 milliards de dirhams, voire 300 milliards en tenant compte des parts de marché échappant au CMI. «Mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin», a-t-il insisté, appelant à maintenir l’effort d’innovation et d’inclusion.
Paiement électronique : les établissements en phase d’ancrage
Maha Cohen, présidente du directoire de Damane Cash et présidente de l’Association professionnelle des établissements de paiement (APEP), a souligné le rôle croissant des établissements issus des banques et des fintechs. Malgré leur diversité, leur objectif reste commun : développer les paiements digitaux. «Il y a quelques années, la question était : comment opérationnaliser le paiement ? Aujourd’hui, les infrastructures sont là, la réglementation a suivi, et un écosystème s’est construit», a-t-elle expliqué.
Plusieurs projets ont mis en lumière le rôle déterminant des acteurs du paiement électronique, notamment dans le paiement des aides sociales et des prestations publiques. Toutefois, il reste à consolider la partie des petits commerçants. «Nous sommes fiers de ce qui a été accompli par cette communauté – banques, fintechs, CMI – mais la deuxième phase ne peut réussir que si elle intègre pleinement les petits opérateurs», a défendu Cohen. Et de souligner: «Toute entreprise, comme tout État, pour survivre, doit innover. Nous n’avons pas le choix.»
L’inclusion financière comme finalité stratégique
Pour Sidi Mohamed Abouchikhi, président du conseil d’Administration de Creditinfo, la finalité de ces transformations reste l’inclusion financière. «Le développement économique passe par l’État et les entreprises, dont plus de 2 millions sont des petites structures, souvent informelles», a-t-il affirmé.
Abouchikhi a notamment déploré les lenteurs observées en matière d’adoption, citant en exemple l’ancienne médina de Fès, où moins de 1 % des établissements sont équipés de moyens de paiement. Pourtant, «l’utilisation des données issues des paiements permet de rendre ces entreprises visibles auprès des financeurs, et donc de mieux les prendre en compte dans les dispositifs de financement», a-t-il fait savoir, appelant à une meilleure exploitation des flux transactionnels pour renforcer la bancarisation des acteurs informels.
