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Pain à 1,20 DH : les boulangers recadrent Lekjaa et dénoncent un « discours trompeur »
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Rien ne va plus entre Fouzi Lekjaa et les boulangers. La Fédération marocaine des boulangeries et pâtisseries a exprimé son indignation à la suite des déclarations du ministre délégué chargé du Budget lors des débats sur le projet de loi de finances 2026. Le responsable avait affirmé que « l’État soutient les céréales pour maintenir le prix du pain à 1,20 dirham ».
Dans un communiqué, la Fédération a estimé que les propos du ministre étaient « inexacts et éloignés de la réalité », soulignant qu’aucun texte légal ne fixe un prix de référence pour le pain, lequel est régi par la liberté des prix et de la concurrence.
La Fédération a également rappelé que les moulins ne respectent pas toujours le prix de 3,50 dirhams pour la farine, et qu’ils extraient plus de 14 produits à partir des céréales subventionnées, dont certains sont vendus à plus de 5 ou 6 dirhams le kilo.
Elle affirme en outre que les boulangeries et pâtisseries ne reçoivent aucune aide financière directe de la part du gouvernement, alors même qu’elles assurent la production de l’aliment de base des Marocains : le pain.
Farine subventionnée à plusieurs usages
Selon la Fédération, la communication gouvernementale entretient une confusion, puisque la farine subventionnée est utilisée par tous les consommateurs et dans divers usages, notamment la préparation domestique, la biscuiterie et la pâtisserie, dans les industries alimentaires et bien d’autres n’ayant aucun lien direct avec la production du pain.
Elle appelle ainsi l’exécutif à « nommer les choses par leurs noms » et à clarifier la destination réelle des subventions.
Appels réitérés à réformer et structurer le secteur
La Fédération renouvelle sa demande d’adopter une loi-cadre pour organiser la profession, définir les conditions d’exercice, garantir la qualité et assurer une meilleure protection des opérateurs comme des consommateurs.
Parmi ses revendications prioritaires figurent :
- l’ouverture d’un dialogue sérieux avec le gouvernement pour examiner les dysfonctionnements du secteur ;
- la prise en compte de la hausse des coûts énergétiques, qui pèsent directement sur le prix de revient ;
- l’intégration du secteur informel afin d’assurer une concurrence équitable ;
- la mise en place de programmes de mise à niveau, de formation et d’encadrement pour accompagner les évolutions économiques et sociales ;
- la garantie de la qualité sanitaire et de la sécurité alimentaire.
La Fédération insiste également sur la nécessité de mettre en place un cahier des charges spécifique pour la farine destinée au pain, incluant une fiche technique obligatoire sur chaque sac, et le passage des sachets plastiques aux emballages en papier afin de préserver la qualité de la farine et de respecter les normes sanitaires et environnementales.
