Pénurie annoncée de tomate : ce qu’il en est vraiment

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Y aura-t-il ou non pénurie  de tomate ? La réponse à cette question, qui défraie la chronique depuis plusieurs jours, est apportée par l’un des producteurs directement concernés, joint par nos soins. Amine Amantoullah, puisque c’est de lui qu’il s’agit, apporte des précisions tout en revenant sur le contexte d’une polémique qui enfle.

« Non, il est trop tôt pour annoncer une pénurie », a conclu Amine Amantoullah, à l’issue de l’entretien mené avec notre rédaction. Cette mise au point intervient après la publication, le 26 novembre dernier, d’un article de la plateforme FreshPlaza titré « Risque d’une pénurie de tomates au Maroc à prévoir dès février ». Depuis, les reprises médiatiques se multiplient, transformant l’éventualité en quasi-certitude.

Principale source de l’article en question, Amantoullah, producteur de tomates dans la région du Souss-Massa, se veut mesuré. À l’en croire, même si la situation décrite à nos confrères de FreshPlaza est bel et bien avérée, « on ne peut pas pronostiquer une pénurie en février à l’heure actuelle », nous confie-t-il. Selon lui, les maladies qui ravagent le secteur sont en partie freinées par le froid hivernal. Conclusion : il faudra attendre encore un mois pour évaluer si la campagne et la production sont réellement menacées. « Tout va dépendre du climat », précise-t-il.

Tomate : des difficultés structurelles

Pour l’heure, les producteurs du Souss-Massa, épicentre de la production de tomates du Royaume, restent confrontés à de sérieux problèmes d’arrachage et de plants résistants. La cause : une absence notoire de produits, conséquence du retrait par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). « C’est un exercice régulier que mène l’Office, en mettant à jour sa liste de produits autorisés », explique Amantoullah. La tomate n’est donc pas la seule concernée, et le Maroc n’est pas isolé : l’Espagne voisine fait face, elle aussi, à une propagation de maladies sur les primeurs (tomates, poivrons, etc.).

Lire aussi. Record: le Maroc double ses exportations de tomates vers l’Irlande

Face à cette problématique, les producteurs affirment faire « de leur mieux », mais restent impuissants devant ce qu’Amantoullah qualifie de « déséquilibre naturel ». Comme ses pairs, il n’entrevoit « pas de solutions à court terme », laissant présager un impact direct sur la production attendu dès février et mars.

En clair, c’est une alerte bien nuancée qui ressort de cet entretien. Une nuance qui vaut son pesant d’or au regard de l’étonnement affiché par un producteur et exportateur de tomate exerçant également dans la région.

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