Depuis quelques semaines les prix de certains légumes prisés par les marocains dont, essentiellement, les…
Poulet: des prix qui s’envolent et des consommateurs désemparés à l’approche de Ramadan
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Plus l’on approche du mois sacré de Ramadan, plus les prix des volailles grimpent. Face aux explications peu rassurantes des professionnels du secteur et au silence du ministère sur la question, les consommateurs sont dans l’expectative.
La polémique enfle, et avec elle, les prix des volailles, notamment le poulet. «À l’abattoir de Casablanca, le poulet nous est vendu à 25 DH le kilo alors qu’il coûtait bien moins cher il y a quelque temps», indique Francis, qui travaille dans la commercialisation de poulet. De son côté, M.K. confirme avoir récemment acheté le poulet blanc à 24 DH le kilo à l’ancienne médina, un endroit où les prix sont généralement plus bas que ceux pratiqués dans le quartier Bourgogne, où il réside. Si M.K. s’est résigné à la situation, Francis a dû arrêter son commerce.
Au-delà des chiffres et des assurances présentés par Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), le constat est implacable: le poulet, seule alternative protéique après la hausse vertigineuse de la viande rouge, devient de plus en plus hors de portée pour de nombreux ménages au Maroc. En effet, à la fin de l’année dernière, alors que la clameur montait face au coût effréné de la volaille, la FISA avait jugé nécessaire de publier un communiqué annonçant une augmentation des importations et de la production dans le secteur, avec une hausse de 6% de la viande de volaille produite localement.
Sans nier la revalorisation des prix, le président de l’interprofession l’impute à deux facteurs clés: la concentration de la consommation de volaille, d’une part, et la multiplication des intermédiaires, d’autre part. Pour pallier ces facteurs de renchérissement, la FISA propose dans son communiqué «d’encourager l’agrégation et de développer des écosystèmes intégrés, de réduire les coûts marginaux, d’encourager le développement des abattoirs industriels et de favoriser la mise à niveau des “ryachattes” en les transformant en abattoirs de proximité pour l’approvisionnement des ménages ou en points de vente agréés».
Ces propositions ont été transmises au nouveau ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, lors d’une rencontre le 23 décembre dernier. Cependant, à part des déclarations générales sur la disposition du ministère à «soutenir tout investissement dans cette branche d’activité stratégique», aucune communication officielle n’a été faite sur la hausse galopante des prix de la volaille.
Aucune mesure concrète pour atténuer, voire réduire, le prix du poulet. De quoi inquiéter les citoyens. S’exprimant sur la question, Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs (FMDC), se dit perplexe. À son avis, cette hausse «inquiétante» contraste avec la baisse des prix des intrants nécessaires à l’élevage des poulets.
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Expliquant que le soja, le maïs et d’autres produits constituant l’alimentation des volailles ont baissé à l’international, Kharrati estime qu’il est légitime que l’État enquête sur une éventuelle entente entre les producteurs. «La problématique se situe au niveau du poussin, dont il est dit — et cela reste à prouver — qu’il ferait l’objet d’une entente entre les propriétaires de couvoirs pour en fixer le prix», avance-t-il. Une thèse défendue mordicus par Mohamed Aaboud, président de l’Association nationale des producteurs de poulet de chair (ANPC).
Bien que le président de la FMDC considère cela comme une allégation, il affirme qu’il est indéniable que le poussin coûte plus cher au Maroc que dans l’ensemble du bassin méditerranéen.
Le contexte actuel interpelle à plus d’un titre. Les consommateurs se trouvent pris en tenaille entre la viande rouge, dont les prix ne baissent pas, et le poisson, qui subit de fortes fluctuations en raison du repos biologique de certaines espèces comme les sardines. Avec le Ramadan qui approche, la situation est d’autant plus préoccupante.
