Ramadan au Maroc: surproduction de poulet et stabilisation des prix attendues (APV)

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Poulet APV Ramadan
Un élevage de poulet. ©DR

Alors que les inquiétudes sur l’accessibilité des denrées alimentaires refont surface en ce mois sacré du Ramadan, les professionnels de la filière avicole rassurent.

«2026 est une année de forte production», affirme à H24info Abderrahmane Ryadi, secrétaire général de l’Association nationale des producteurs de viandes de volailles (APV). Selon lui, les prix rémunérateurs des années 2024 et 2025 ont incité les éleveurs à investir massivement: importation de reproducteurs, extension des fermes et montée en capacité. «Les gens ont beaucoup investi, ils ont mis en place davantage de production, ce qui a créé une abondance», explique-t-il.

Cette situation profite aux consommateurs, même si elle réduit les marges des producteurs. Ces derniers peuvent néanmoins compter sur l’effet volume pour compenser la baisse des prix, lesquels ne devraient pas connaître de variations incontrôlées grâce à l’abondance de l’offre.

Ramadan: tensions limitées

Quoique quelques tensions aient été observées en ce début de Ramadan, Ryadi relativise leur importance. «La hausse de 2 à 3 dirhams par kilo sortie ferme, soit 14 DH/kg contre 11 DH l’an dernier, reste une petite tension conjoncturelle visant à préserver les prix et la fluidité de l’approvisionnement», précise-t-il.

Même les perturbations survenues au port de Casablanca dans l’approvisionnement en aliments pour bétail n’ont pas provoqué les désastres redoutés. Certaines zones, comme le Gharb, ont certes subi des pertes liées aux inondations des fermes, mais «vu qu’il y a de la surproduction à l’échelle nationale, d’autres régions ont comblé ce qui manque», souligne le SG de l’APV. «Même la perte de poids et la mortalité qu’on a subies parce qu’il n’y avait pas d’aliments dans les fermes ont été compensées par le nombre mis en place.»

Concernant la dynamique du Ramadan, Ryadi rappelle que la première quinzaine du mois sacré reste traditionnellement calme. «La demande se fait ressentir beaucoup plus sur la seconde moitié, surtout à partir du 27e jour et de l’Aïd, où les prix sont toujours plus élevés», explique-t-il. D’après le professionnel, des tensions ponctuelles pourraient apparaître, liées à une contraction de l’offre ou à une hausse de la demande, mais elles devraient rester limitées.

Poussins et œufs: ajustements temporaires

Quant aux autres segments de l’écosystème, la situation reste contrastée. Du côté des poussins, une variation à la hausse a été observée. «C’est un peu mécanique», explique Ryadi. «Lors des perturbations sur les aliments, les éleveurs n’ont pas voulu mettre en place des bandes de poussins pendant deux à trois semaines. À la reprise, ils ont évidemment été confrontés à une hausse, avec des prix autour de 5 à 5,5 DH. Mais cela ne va pas durer plus de trois à quatre semaines, avant de revenir à la normale.»

Lire aussi. Poulet: la météo et les arbitrages au port de Casablanca menacent la filière d’effondrement

Même constat du côté des œufs, où «les prix sont un peu élevés, comme tous les Ramadans». Toutefois, la filière dispose d’une inertie plus importante, capable d’absorber durablement les chocs.

En somme, pour Abderrahmane Ryadi, le pire a été évité. « La forte production à laquelle les éleveurs et producteurs de viande de volaille s’attendent permet d’absorber tous les chocs auxquels on pourrait s’attendre. Les tensions éventuelles resteront éphémères», conclut-il.

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