Pourquoi le Maroc muscle son portefeuille de bons du Trésor américains

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Alors que les géants du Golfe continuent de dominer le marché des titres de créance américains, le Maroc a discrètement renforcé ses positions en 2025. Entre gestion prudente des réserves et optimisation des rendements, cette stratégie de placement ne doit rien au hasard.

Dans la cour des grands investisseurs de la dette américaine, le Maroc avance sans bruit mais avec constance. Selon les dernières données du département du Trésor américain, relayées par Forbes Middle East, les avoirs marocains en US Treasuries ont atteint 4,1 milliards de dollars à fin 2025.

Face aux mastodontes du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui cumulent plus de 315 milliards de dollars, le Royaume reste un acteur modeste. Mais la hausse de 891 millions de dollars en un an (+28 %) n’a rien d’anecdotique : elle traduit une gestion plus active et plus opportuniste des réserves de change par Bank Al‑Maghrib.

Tourisme et IDE : le moteur des réserves

Pourquoi cet appétit renforcé pour la dette américaine ? Pour Hassan Fawaz, président de GivTrade, cité par Forbes, la réponse tient à la dynamique macroéconomique du pays: «Pour le Maroc, cette augmentation s’inscrit dans une gestion de précaution des réserves et de la couverture des importations, le pays ayant enregistré une hausse des investissements directs étrangers (IDE) et une croissance du secteur touristique.»

En clair : l’afflux de devises a généré un surplus que Rabat a choisi de placer dans l’actif le plus sûr et le plus liquide au monde.

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L’année 2025 a été marquée par un tournant monétaire majeur : la Réserve fédérale américaine a abaissé ses taux directeurs de 4,25–4,5 % à 3,5–3,75 %. Une fenêtre idéale pour se positionner.

À l’image de l’Arabie saoudite (149,5 milliards $) ou des Émirats arabes unis (+18,5 milliards $ en un an), le Maroc a profité de ce cycle pour sécuriser des rendements attractifs.

Mais contrairement aux pays du Golfe, qui privilégient les maturités longues pour réduire les risques de réinvestissement, Rabat adopte une approche plus ciblée : les Treasuries servent avant tout de matelas de sécurité.

Un ancrage stratégique et monétaire

Au‑delà du rendement, ce renforcement traduit une volonté de consolider la crédibilité financière du pays. Dans un marché dominé par le Japon (1 190 milliards $) et la Chine (683 milliards $), la présence marocaine, même modeste, reflète une gestion orthodoxe des réserves.

Comme le souligne Nigel Green, de deVere Group, ces placements constituent un rempart pour la stabilité monétaire. Pour un dirham dont le panier reste dominé par l’euro mais sensible au dollar, disposer d’un portefeuille solide en Treasuries est une assurance contre la volatilité et un signal de confiance pour les importateurs.

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Dans un contexte géopolitique fragmenté, Rabat confirme une stratégie fondée sur la prudence, la liquidité et la diversification maîtrisée.
Le Maroc ne joue pas dans la même cour que les géants du Golfe, mais il avance avec méthode — et chaque mouvement semble soigneusement calculé.

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