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Rachid Machou (AMICA) : « Nous produisons une voiture chaque minute»
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Rachid Machou, président de l’Association marocaine pour l’industrie et la construction automobile (AMICA), est récemment revenu sur les performances du Maroc dans l’industrie automobile, tout en précisant les défis de l’heure.
Il ne fait aucun doute, a affirmé Rachid Machou, que le Maroc est devenu une puissance industrielle capable de produire une voiture chaque minute. Un secret de polichinelle, dira-t-on, au regard du consensus international sur ce constat. Toutefois, ce succès n’occulte pas des challenges. Selon le président de l’Association marocaine pour l’industrie et la construction automobile (AMICA), le véritable enjeu réside désormais dans l’ingénierie, le testing et la montée en gamme technologique.
«L’automobile consomme beaucoup d’ingénierie et de technicité», a affirmé Rachid Machou, lors des Industry Meeting Days, la semaine dernière à Casablanca. Pour répondre à cette exigence, l’AMICA et le ministère de l’Industrie ont mis en place quatre instituts spécialisés, dont un intégré à Renault. Dans ces instituts, quelque 800 bacheliers sont recrutés chaque année, et formés aux métiers directs de l’automobile: techniciens de maintenance, automaticiens, chefs d’équipe… Objectif : renforcer le middle management et développer l’autonomie d’un secteur qui mobilise déjà près de 300.000 emplois.
Cette impulsion a permis au Maroc d’être aujourd’hui le premier exportateur automobile du continent, avec des recettes d’exportation qui tendent vers 19 à 20 milliards d’euros, et une capacité de production proche du million de véhicules par an. «C’est une voiture toutes les minutes chez Renault et Stellantis», a illustré Machou.
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Un autre trait de ce dynamisme est démontré par les extensions sans cesse croissante des grands équipementiers mondiaux, présents depuis les années 2000 et dont certains en sont à leur cinquième usine. De même, la filière câblage, considérée comme mature, a ouvert la voie à des industries plus technologiques, attirant process et ingénierie.

Pour l’AMICA, maitriser la puissance d’innovation
Au‑delà de la production, l’évolution stratégique passe par l’intégration de l’ingénierie, du testing et des laboratoires. Les constructeurs installés au Maroc disposent déjà de centres d’ingénierie en expansion, tandis que de jeunes PME locales émergent. Machou a notamment salué la collaboration avec Dassault Systèmes, via les licences Catia, tout en appelant à un soutien accru pour les PME. Cette montée en gamme traduit une volonté claire: faire du Maroc non seulement un site de production, mais aussi un hub d’innovation et de conception.
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Toutefois, le président de l’AMICA a mis en garde contre les évolutions techniques qui pourraient faire disparaître certains métiers si l’adaptation n’est pas au rendez‑vous. A l’en corire, la compétitivité reste un acquis fragile, soumis à la pression des prix de vente et aux mutations technologiques. «Nous sommes obligés d’être flexibles et d’anticiper ces évolutions pour rester dans la course», a‑t‑il insisté. Et d’insister sur la création de cellules de veille et de benchmarks internationaux comme une nécessité pour maintenir le Maroc dans le peloton de tête des industries automobiles mondiales.
L’on retient par cette intervention que l’AMICA trace une trajectoire ambitieuse pour l’industrie automobile marocaine avec une projection vers 2035 en conjuguant formation, ingénierie et compétitivité. Une perspective visant à garder au Maroc, déjà premier exportateur industriel, son statut de carrefour automobile mondial, en transformant son savoir‑faire productif en puissance d’innovation.
