Suspension des exportations de bovins espagnols: quel impact sur le marché marocain?

Publié le
Viande rouge Importation
Photo d'illustration/ 2.800 têtes de bovins destinés à l'abattage sont arrivés au port de Jorf Lasfar en provenance du Brésil, en mars 2023 © DR

Malgré l’arrêt temporaire de l’importation de bovins vivants en provenance d’Espagne, les acteurs du secteur de la viande bovine au Maroc, qui ont anticipé en misant sur la diversification des sources d’approvisionnement, se veulent rassurants: ils n’entrevoient aucun impact majeur sur les prix ou l’offre à court terme.

Le 4 octobre dernier, les autorités espagnoles ont annoncé la suspension temporaire des exportations de bovins vivants vers plusieurs pays, dont le Maroc. En cause, la détection d’une pathologie animale contagieuse dans l’une des régions d’approvisionnement du Royaume.

Il s’agit, selon l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), de trois cas de dermatose nodulaire dans le nord-est de la Catalogne. Cette maladie virale, hautement contagieuse, est classée parmi les pathologies animales à risque. Une situation qui a imposé des mesures strictes de confinement pour éviter sa propagation.

Toujours selon l’ONSSA, cette suspension vise à protéger le cheptel national et à prévenir tout risque de contamination. Néanmoins, la mesure ne concerne que les animaux vivants: la viande bovine congelée ou réfrigérée en provenance d’Espagne reste autorisée à l’importation. Une campagne de vaccination préventive est également prévue dans les prochains jours pour renforcer l’immunité du bétail local.

Lire aussi. Alerte épidémie: l’Espagne suspend les exportations de bovins vivants vers le Maroc

Cette mesure est sans impact majeur sur le Maroc, rassurent les professionnels du secteur de la viande rouge. Ces derniers estiment que malgré le rôle stratégique de l’Espagne dans l’approvisionnement du marché national, cette suspension ne devrait pas provoquer de perturbation majeure, et ce, nonobstant les avantages logistiques que confère la zone ibérique.

Viande bovine: sourcing diversifié

Cité par les médias, Hicham Jouabri, secrétaire régional des grossistes en viande rouge à Casablanca, soutient que les prix ne seront pas impactés, car le Maroc a déjà diversifié ses sources d’approvisionnement. A l’en croire, depuis un certain moment déjà, les importations de bovins espagnols ont fortement diminué, au profit de fournisseurs latino-américains.

Le professionnel évoque un prévisionnel de quelque 100.000 à 150.000 veaux devant être importés du Brésil sur les 5 derniers mois de l’année. A cela s’ajoutent des cargaisons en provenance d’Uruguay. Ces volumes devraient suffire à couvrir la demande nationale sans générer de tension sur les prix.

Lire aussi. Viande rouge: 2.000 taureaux irlandais livrés au Maroc

Les tarifs de gros restent ainsi stables. Les veaux brésiliens se négocient entre 68 et 75 dirhams le kilo, les bovins uruguayens entre 75 et 80 dirhams, tandis que le bétail local ou espagnol tourne autour de 90 à 92 dirhams le kilo.

Le port de Casablanca, principal point d’entrée du bétail importé, continuera d’accueillir des arrivages réguliers. Selon les professionnels, 14 à 16 navires sont attendus d’ici la fin de l’année, assurant ainsi un flux constant et sécurisé.

Des assurances qui n’occultent cependant pas les défis logistiques qui émaillent ces nouvelles voies d’approvisionnement. Entre la commande et l’arrivage, ce qui peut osciller autour de 60 jours, sans compter la période préventive de la quarantaine, il est évident que le moindre couac peut entraîner des ruptures sur le marché.

L’ONSSA assure suivre la situation de très près. Elle coordonne à cet effet avec les services espagnols pour une reprise au plus tôt des exportations, et consolider ainsi la stabilité côté prix.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Suspension des exportations de bovins espagnols: quel impact sur le marché marocain?

S'ABONNER
Partager
S'abonner