TPME: 3 critères clés pour réussir sa stratégie de financement bancaire au Maroc

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Finances publiques AJR

Dans un contexte économique marqué par des défis majeurs, les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) se positionnent comme des acteurs indispensables au développement du Maroc. Agiles et dynamiques, elles jouent un rôle clé dans les grands chantiers d’infrastructure, la création d’emplois et l’inclusion économique. Pourtant, leur accès au financement reste semé d’embûches, nécessitant un accompagnement bancaire structuré et adapté.

C’est un secret de polichinelle, les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) constituent des acteurs essentiels de l’économie marocaine. Une position davantage mise en exergue, alors que le pays se retrouve dans un contexte marqué par des défis tels que les grands chantiers d’infrastructure et l’urgence de résorber le chômage.

Comme le soutient Zakaria Soukri, responsable Corporate banking à la BMCI, «les TPME sont des acteurs particulièrement agiles, capables de répondre rapidement aux carnets de commandes pleins des grandes entreprises et aux besoins des chantiers structurants du Royaume». Cette capacité d’adaptation fait d’elles des partenaires clés pour accompagner les projets nationaux tout en contribuant à l’amélioration des indicateurs sociaux et économiques.

De plus, leur agilité leur permet également de recruter rapidement, devenant ainsi des moteurs dans la lutte contre le chômage au Maroc. «La PME aura un rôle encore plus important à jouer pour réduire le chômage», souligne l’expert, ajoutant que les TPME continueront d’être, en 2025, au centre de la production nationale, consolidant leur place en tant qu’acteurs indispensables au développement économique du pays.

Le défi de l’accès au financement

Toutefois, l’importance stratégique des TPME reste nuancée. En effet, ces dernières rencontrent des obstacles significatifs pour accéder au financement bancaire. Par exemple, entre 2022 et 2023, les hausses des taux d’intérêt ont particulièrement affecté ces entreprises, qui se retrouvent souvent en position défavorable pour obtenir des conditions favorables.

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«La PME, en général, est la première victime des hausses des taux, ce qui a entraîné un ralentissement de l’investissement», explique Zakaria Soukri. Ces difficultés ont marqué une période délicate pour ces entreprises, freinant leur potentiel de croissance.

Un changement notable est toutefois survenu au second semestre 2024 et en ce début d’année. Au cœur de ce changement, une réorientation des stratégies d’investissement des TPME: nombreuses sont celles qui ont commencé à privilégier des projets liés à la durabilité. Cela se traduit de plus en plus par des initiatives d’acquisition de technologies économes en énergie et en eau ou le recours aux énergies renouvelables.

Cette perspective ne pourra néanmoins s’accélérer qu’avec le soutien des banques. Un indispensable, d’après les explications de Zakaria Soukri: «Ce n’est pas juste une question de vendre des prêts. Le rôle du banquier est aussi de conseiller le client, de l’aider à mieux se structurer avant d’investir fortement.» En réponse à ces besoins, les banques en général s’attellent à renforcer la formation de leurs collaborateurs afin de mieux accompagner les TPME dans leur transition vers des investissements durables et stratégiques.

Les critères clés pour accéder au financement bancaire

Pour optimiser la démarche de financement des TPME, notre expert note l’existence de plusieurs critères, dont trois particulièrement essentiels. Le premier repose sur leur capacité à adopter une stratégie à long terme. Les entreprises doivent démontrer qu’elles maîtrisent leurs fonds propres ainsi que leur cycle d’exploitation. «Nous recherchons des PME avec une vision à long terme, qui savent gérer leur trésorerie tout en renforçant leurs fonds propres», note Soukri.

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Le second critère est lié au contrôle rigoureux du taux d’endettement. A ce titre, l’expert dévoile que les banques accordent une importance particulière à l’engagement durable des actionnaires dans les activités des entreprises.

Quant au troisième et dernier critère, il concerne l’engagement des TPME dans la transition écologique. Soukri précise: «Nous faisons systématiquement attention au poids de la décarbonation et des critères ESG dans le business model de nos clients.» Il ne manque pas de souligner que c’est une tendance croissante dans le secteur bancaire marocain, favorisée par les directives de la Banque Al-Maghrib sur cet aspect.

En somme, les TPME, en renforçant leurs capacités financières et leur engagement pour une économie durable, disposent des outils nécessaires pour relever les défis économiques du Maroc. Leur potentiel peut cependant être amplifié ou étouffé par l’accompagnement que les banques leur accordent. Au reste, ce soutien bancaire peut être optimisé en prenant en compte un certain nombre de critères.

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