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Transition énergétique: le Maroc, pilier stratégique de la décarbonation du commerce international
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Une récente étude de la Banque mondiale consacre le Maroc comme un acteur stratégique de la transition énergétique maritime, confirmant son rôle central dans la décarbonation du commerce mondial.
Le Maroc est une puissance mondiale de la transition énergétique. S’il y en a quelques‑uns qui en doutaient encore, la récente analyse que la Banque mondiale vient de publier finira très certainement par les convaincre. Publiée mardi dernier, l’analyse est intitulée : « Le Maroc, moteur de la transition énergétique du transport maritime mondial ». Une titraille qui traduit, de manière explicite, le point de vue des analystes de cette institution dont la crédibilité se passe de commentaire.
Selon Isabelle Rojon, Simona Sulikova, Moritz Schwalm et Dominik Englert, «le Royaume se présente comme une réponse assez claire et éloquente au défi mondial de la transition énergétique dans le domaine du transport maritime international». En d’autres termes, la décarbonation du commerce mondial passera nécessairement par le Maroc, d’autant plus que ce type de transport concentre à lui seul plus de 80 % du volume des marchandises échangées à l’échelle internationale, selon la CNUCED.
Transition énergétique: ports marocains et hydrogène vert, leviers stratégiques
Dans leur analyse, Isabelle Rojon et ses pairs misent sur la «position géographique stratégique [du Maroc], ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût» pour répondre au double défi du secteur maritime qui, en même temps qu’il est soumis à une pression en termes de demande, doit le faire tout en gérant ses émissions de manière responsable.
«Les dérivés de l’hydrogène vert, comme l’ammoniac et le méthanol, s’imposent comme des options prometteuses pour remplacer les carburants traditionnels dans le transport maritime. Des quantités importantes d’hydrogène vert seront nécessaires pour alimenter le transport maritime ainsi que d’autres secteurs», écrivent‑ils.
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Une étude complémentaire de la Banque mondiale, intitulée « Ports marocains : catalyseurs du développement et du commerce de l’hydrogène vert », souligne que Tanger Med, Jorf Lasfar, Mohammedia et Tan‑Tan sont prêts à servir de plaques tournantes pour la production, le stockage et l’exportation d’hydrogène vert. «Le Groupe de la Banque mondiale estime que, d’ici 2030, dans un scénario de demande moyenne, les navires faisant escale dans ces ports pourraient nécessiter environ 0,2 million de tonnes d’hydrogène équivalent en carburant, et environ 2,83 millions de tonnes d’ici 2050», note l’étude.
Une ambition soutenue par l’État et le privé

Par ailleurs, au‑delà du secteur maritime, les analystes de la Banque mondiale indiquent que le pays dispose de ressources renouvelables parmi les meilleures au monde, qui lui permettent d’envisager une production d’hydrogène vert à grande échelle et à faible coût. Ils évoquent dans ce cadre les projections de l’Agence internationale de l’énergie, tablant sur un coût qui pourrait se situer entre 1,5 et 2,5 dollars américains le kilogramme (USD/kg) d’ici 2050, voire entre 0,6 et 1,3 USD/kg selon d’autres projections.
Cette compétitivité est d’autant plus stratégique que l’Europe, dans le cadre de son initiative REPowerEU, prévoit d’importer plus de 10 millions de tonnes d’hydrogène vert par an dès 2030.
De plus, l’analyse mentionne des prévisions d’exportations marocaines de l’ordre de 0,65 million de tonnes en 2030 et jusqu’à 9,5 millions de tonnes en 2050. En parallèle, la demande locale sera soutenue, notamment par le Groupe OCP qui prévoit un million de tonnes d’ammoniac vert dès 2027 et trois millions en 2032. Le document conclut en indiquant que, pour accompagner toute cette ambition, l’État a lancé « l’Offre Maroc » et confié à MASEN la coordination des projets, tandis que le Cluster Green H₂, créé en 2021, fédère plus de 80 acteurs publics et privés.
En définitive, fort de ses atouts naturels, de ses infrastructures portuaires et du soutien public‑privé, le Maroc s’impose comme un hub stratégique de l’hydrogène vert et confirme son rôle de moteur de la transition énergétique mondiale.
