La Chambre des représentants a adopté, à l'unanimité, lundi, le projet de loi N°5.171.22 modifiant…
Travail des enfants: 62.000 mineurs marocains exercent des activités dangereuses (HCP)
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Malgré une tendance à la baisse, le travail des enfants demeure une réalité alarmante au Maroc. En 2024, 101.000 enfants âgés de 7 à 17 ans étaient engagés dans une activité économique, selon un rapport du Haut-Commissariat au Plan (HCP) basé sur les données de l’Enquête nationale sur l’emploi.
Le rapport révèle une baisse de 8,2% par rapport à 2023 et de 59,1% depuis 2017. Toutefois, ces chiffres restent préoccupants : 1,3% des enfants marocains de cette tranche d’âge sont concernés, avec des disparités notables entre les milieux urbains (0,5%) et ruraux (2,5%).
Des garçons, ruraux, déscolarisés
La majorité des enfants travailleurs sont des garçons (84,6%), âgés entre 15 et 17 ans (89%), et vivent en zone rurale (77,5%). Côté éducation, la situation est tout aussi inquiétante : 87,7% ont quitté l’école, 10,7% sont encore scolarisés, et 1,6% n’ont jamais été inscrits.
Le travail des enfants se concentre principalement dans l’agriculture, la forêt et la pêche (70,3% en milieu rural). En milieu urbain, les enfants travaillent surtout dans les services (58,8%) et l’industrie (26,1%). Le statut professionnel varie également : en zone rurale, 57,4% sont aides familiales, contre 29,5% de salariés ; en ville, 51,7% sont salariés, 28,3% apprentis et 14,6% aides familiales.
Des travaux à haut risque
Plus grave encore, 62.000 enfants (62,7% des enfants travailleurs) sont exposés à des activités dangereuses. Ces risques sont particulièrement élevés dans l’industrie (88,6%), les BTP (74,4%), les services (71,1%), et même dans l’agriculture (51,7%).
Environ 73.000 ménages marocains (soit 1% du total) comptent au moins un enfant au travail. La grande majorité vivent en milieu rural (51.000 contre 22.000 urbains). Le phénomène est plus répandu dans les familles nombreuses (2,7% des foyers de six personnes ou plus).
Corrélation avec l’instruction et l’activité des parents
Le niveau d’instruction du chef de famille influence fortement la probabilité de travail des enfants:
· 1,2% des ménages dirigés par une personne sans instruction comptent un enfant travailleur,
· 0,9% si le chef de ménage a un niveau primaire,
· quasiment nul chez ceux ayant un niveau d’instruction supérieur.
L’activité professionnelle du chef de ménage est également déterminante:
· 38% des enfants travailleurs vivent dans des foyers dirigés par des exploitants agricoles,
· 24% dans des foyers de commerçants, employés ou artisans,
· 22,9% chez des manœuvres,
· et 15% dans des familles où le chef est inactif.
Le phénomène est quasi-inexistant chez les cadres supérieurs.
