Climat: les Marocains s’inquiètent, mais n’agissent pas (rapport)

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Climat

Le Moroccan Institute for Policy Analysis (MIPA) a récemment publié son rapport « Green Index 2025 » sur les perceptions environnementales des Marocains.

Si la conscience écologique progresse au Maroc, l’engagement citoyen reste freiné par le manque de moyens, d’information et de confiance institutionnelle. C’est ce que révèle le premier baromètre “Green Index 2025”, réalisé par le MIPA auprès de 1.015 Marocains. Le rapport dresse un portrait contrasté de la conscience environnementale au Royaume.

Ce document, réalisé dans le cadre du projet Diraïa, avec le soutien du Centre international de recherche pour le développement (IDRC) et en partenariat avec l’Initiative arabe pour la réforme, constitue la première étude quantitative nationale sur les perceptions et connaissances des Marocains en matière de changement climatique, de durabilité et d’engagement environnemental.

Près de 78% des personnes interrogées considèrent le changement climatique comme une menace réelle pour le Maroc. Pourtant, seulement 15% déclarent avoir participé à une initiative écologique au cours des 12 derniers mois.

Ce niveau d’inquiétude est directement lié aux expériences vécues par les citoyens. Ainsi, le manque de précipitations et la sécheresse sont considérés par 47% des sondés comme le défi environnemental le plus critique des cinq dernières années.

Parmi les autres préoccupations majeures figurent les vagues de chaleur extrême (23%), la pollution de l’air et la gestion des déchets (15%), suivies par les inondations et la désertification (6%).

Un manque d’information et de confiance

Le rapport pointe un double déficit: 52% des Marocains disent ne pas connaître les lois et politiques environnementales, et seulement 2% assurent en avoir une connaissance approfondie. Et les principales sources d’information sont les réseaux sociaux (33%) et la télévision (27%), loin devant les institutions éducatives ou les médias écrits.

Lire aussi. Climat: 2024, année de tous les extrêmes au Maroc (rapport annuel de la DGM)

La volonté d’agir est bien présente, avec près de 70% des Marocains se disant prêts à adopter des pratiques durables, mais elle se heurte à un manque de relais, de campagnes ciblées et de coordination locale.

Le rapport recommande ainsi aux ministères et aux agences de l’environnement d’utiliser les réseaux sociaux de manière proactive et pédagogique, en produisant du contenu court, accessible et factuel.

L’Institut appelle également à renforcer la collaboration avec les médias traditionnels et les établissements d’enseignement, afin de garantir une éducation environnementale plus structurée et fiable, capable de transformer la connaissance “moyenne” des Marocains en une compréhension approfondie des risques et des solutions.

Pour une écologie inclusive et participative

Pour le MIPA, ce diagnostic doit servir de levier. L’étude appelle à une refonte des politiques publiques, plus inclusives, plus pédagogiques, et mieux articulées avec les dynamiques locales. Elle invite aussi la société civile à intensifier ses efforts de plaidoyer et à créer des ponts entre les citoyens et les décideurs. Car sans mobilisation collective, la transition écologique ne dépassera pas le seuil du slogan.

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