Pourquoi l’Europe est-elle le continent qui se réchauffe le plus vite au monde?

Publié le
vague de chaleur en Europe
Des nageurs plongent dans le canal Saint-Martin, depuis un endroit non autorisé à la baignade, alors que la France subit une vague de chaleur à Paris le 20 juin 2026. ©AFP

L’actuelle vague de chaleur qui traverse l’Europe rappelle brutalement qu’il s’agit du continent qui se réchauffe le plus vite au monde, y compris l’Arctique, zone qui subit un réchauffement encore plus rapide.

Le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Espagne ont émis des alertes rouges et des avertissements sanitaires pour une grande partie de leur territoire cette semaine, alors que la région connaît son deuxième épisode de fortes chaleurs depuis le mois de mai.

Voici pourquoi l’Europe se réchauffe plus vite qu’ailleurs:

Réchauffement plus rapide

La Terre s’est déjà réchauffée de presque 1,4°C par rapport à l’ère pré-industrielle (1850-1900). Mais sur le continent européen, le réchauffement atteint 2,4°C, selon le service européen Copernicus.

L’augmentation à long terme des températures moyennes mondiales est principalement due aux émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion de pétrole, de gaz et de charbon, mais elle varie selon les régions en raison d’une combinaison de facteurs.

Les terres se réchauffent plus vite que les océans, car l’eau a la capacité d’absorber davantage de chaleur et de se refroidir grâce à l’évaporation.

Anticyclones plus fréquents

Des changements de circulation atmosphérique ont causé des canicules plus fréquentes et intenses en particulier durant l’été européen, selon Copernicus.

Les zones de haute pression, ou anticyclones, sont devenues plus fréquentes en Europe, selon Carlo Buontempo, le directeur du service Copernicus sur le changement climatique. « Si l’on regarde les 20 ou 30 dernières années, il y a eu une prévalence de ces conditions anticycloniques qui rendent les canicules plus probables, particulièrement en été », remarque-t-il.

Lire aussi. Maroc: pluies, neige et chaleur, la DGM explique un printemps 2026 contrasté

Mais les scientifiques débattent encore pour savoir si cette fréquence des anticyclones est le fruit du changement climatique ou d’une « fluctuation statistique », selon lui.

L’épisode de chaleur qui a frappé l’Europe en mai était due à un « dôme de chaleur », un vaste système de hautes pressions qui stagne au-dessus d’une région et agit comme un couvercle emprisonnant l’air chaud.

La vague de chaleur actuelle est liée à une configuration dite « oméga », en raison de sa forme rappelant la lettre grecque. Cette masse d’air chaud massive provenant d’Afrique du Nord s’apparente à un dôme de chaleur mais se révèle « plus dynamique », a expliqué Sébastien Léas, prévisionniste chez Météo-France.

« Nous avons une goutte froide située au large du Portugal qui agit comme une pompe à chaleur, aspirant de l’air chaud en altitude (…) et nous l’envoie de manière assez violente sur le pays », explique-t-il.

Par ailleurs des « systèmes de haute pression exercent une pression sur cette masse d’air chaud ; or, lorsque l’on comprime une masse d’air chaud, on la rend en réalité encore plus chaude », ajoute M. Léas.

Proximité de l’Arctique

Une autre raison cruciale tient à la géographie, l’Europe étant connectée à l’Arctique, qui se réchauffe beaucoup plus vite que le reste de la planète: il est déjà 3,2°C plus chaud qu’à l’époque pré-industrielle, selon Copernicus.

C’est en partie lié à l’affaiblissement de l’effet albédo, par lequel la neige et la glace renvoient une partie de la chaleur du soleil. Leur fonte découvre des surfaces terrestres et océaniques plus sombres, qui absorbent la chaleur.

Dans d’autres parties de l’Europe, les régions où la neige était fréquente en hiver ont reculé, exposant également plus de terres sombres.

Baisse de la pollution

Des normes plus strictes ont permis une réduction des émissions des aérosols depuis les années 1980. Mais cela a eu pour effet secondaire de contribuer au réchauffement mondial, car la plupart de ces petites particules en suspension dans l’air ont un effet refroidissant en reflétant la lumière du soleil et en augmentant la capacité des nuages à la réfléchir.

Variations en Europe

La vitesse du réchauffement varie aussi à l’intérieur du Vieux Continent. L’Europe de l’Est et du Sud-est, et certaines parties de l’Europe centrale dont les Alpes, se sont réchauffées de 0,5°C à 1°C par décennie ces 30 dernières années selon Copernicus.

L’Europe occidentale et du Sud-Ouest, et les régions sub-arctiques de Finlande, de Norvège et de Suède, ont pris quant à elles 0,2-0,5°C par décennie.

Le Svalbard, a lui subi un réchauffement accéléré de 1,5°C à 2°C par décennie. Il a connu des températures estivales record de 2022 à 2024 et a enregistré son 4e été le plus chaud l’an dernier.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Pourquoi l’Europe est-elle le continent qui se réchauffe le plus vite au monde?

S'ABONNER
Partager
S'abonner