Finances publiques: le déficit budgétaire bondit de 64,5 % à fin août

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Budget 2025 : un déficit de 50,5 MMDH à fin septembre, selon la TGR
Siège de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) © DR.

À fin août 2025, le déficit budgétaire du Maroc s’est gravement creusé à 54,1 milliards de dirhams (MMDH), malgré des recettes fiscales en nette progression.

Le Maroc clôture les huit premiers mois de l’année 2025 sur un déficit budgétaire de 54,1 MMDH, en nette aggravation par rapport aux 32,88 MMDH enregistrés à la même période en 2024. Une croissance de 64,5 %, selon les dernières données de la Trésorerie générale du Royaume (TGR), qui intervient malgré une dynamique soutenue des recettes ordinaires.

Ce creusement du solde budgétaire s’explique en partie par le retournement des comptes spéciaux du Trésor et des services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA). Ces comptes affichent désormais un solde déficitaire de 1 milliard de dirhams, contre un excédent de 21 MMDH un an plus tôt. Une bascule qui accentue la pression sur l’équilibre global des finances publiques.

Lire aussi. TGR: les recettes douanières en hausse de 5,8% à fin juillet

Côté recettes, la TGR indiquent des performances robustes. A commencer par les recettes ordinaires qui ont progressé de 17 % en glissement annuel, s’établissant à 271,66 MMDH contre 228,83 MMDH à fin août 2024. Cette hausse est portée par une dynamique fiscale vigoureuse : l’impôt sur les sociétés (IS) a bondi de 33 % à 60,44 MMDH, l’impôt sur le revenu (IR) a progressé de 18,3 % à 47 MMDH, et la TVA – première source de recettes fiscales – s’est appréciée de 10,1 % pour culminer à 72 MMDH, dopée par une composante intérieure en hausse de 14 %.

Quant aux recettes non fiscales, elles ont suivi la même trajectoire, avec une progression de 31 % à 36 MMDH. Les revenus issus des monopoles et des participations de l’État, notamment ceux de Bank Al-Maghrib, ont plus que doublé (+134 %), atteignant 4 MMDH contre 2,6 MMDH l’année précédente. Au total, les produits des monopoles ont généré 11,79 MMDH de dirhams, en hausse de 41 %.

Déficit budgétaire causé par des charges en hausse 

En parallèle, les charges ordinaires ont enregistré une hausse de 16,5 %, pour atteindre 252 MMDH à fin août. Les dépenses de biens et services grimpent de 18,5 % à 200 MMDH, tandis que les intérêts de la dette progressent de 9,3 % à 33 MMDH. Selon la TGR, cette situation illustre la pression croissante liée au service de la dette.

Concernant les dépenses d’investissement, elles ont poursuivi leur dynamique ascendante, pour s’établir à 72 MMDH contre 67 MMDH un an plus tôt (+7,3 %). Une hausse qui reflète les efforts soutenus en matière d’infrastructures, dans un contexte marqué par la préparation des grandes échéances sportives et la relance économique.

Conséquence directe de ce déséquilibre entre recettes et dépenses : le besoin de financement du Trésor atteint 75 MMDH à fin août, contre 45 MMDH à la même période en 2024. Pour y faire face, le gouvernement a privilégié le recours au financement intérieur à hauteur de 50 MMDH, complété par 25 MMDH levés sur les marchés extérieurs. Cette stratégie, relève la TGR, contraste avec l’excédent de 5 MMDH observé sur le volet extérieur l’an dernier.

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