Focus PME. CIOC Trade: connecter les entreprises africaines pour libérer leur potentiel

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Alors que les échanges intra-africains peinent encore à décoller, une initiative veut inverser la tendance. Le CIOC Trade, Centre International des Opportunités Commerciales, œuvre à faire tomber les barrières à l’export pour les PME et porteurs de projets du continent. Depuis Rabat, son CEO Mouhamed Koudo a fait de la coopération Sud-Sud son cheval de bataille. Invité de l’émission Focus PME, il revient sur le rôle central de cette structure dans l’activation des synergies économiques africaines.

 

Le CIOC Trade est né d’un constat clair et inquiétant: malgré leur proximité géographique et culturelle, les pays africains commercent très peu entre eux. Les échanges intra-africains ne représentent qu’environ 20 % du commerce total, contre plus de 60 % en Europe. C’est pour répondre à ce déséquilibre que Mouhamed Koudo a lancé le CIOC, fort de son expérience diplomatique au sein du Parlement de la CEDEAO.

« Il était indispensable de réfléchir à comment stimuler les échanges intra-africains. À notre niveau, nous avons créé le CIOC pour connecter, intégrer les entreprises entre elles et mieux contribuer à cette dynamique », affirme-t-il.

Basé à Rabat, le CIOC Trade agit comme une plateforme d’accompagnement stratégique pour les entreprises désireuses d’exporter ou de s’implanter sur d’autres marchés du continent. Qu’il s’agisse de projets industriels, d’import-export ou de recherches de débouchés, le centre propose un appui complet. « Nous pouvons accompagner une entreprise qui souhaite délocaliser une unité de production ou trouver des débouchés dans d’autres pays du continent. Le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal sont des marchés à fort potentiel », précise M. Koudo.

Rendre l’international accessible aux PME

Contrairement à une idée reçue, l’export n’est pas réservé aux grands groupes. Pour le CIOC, il s’agit avant tout de démystifier les démarches à l’international, en particulier pour les petites et moyennes structures qui redoutent la complexité des procédures. « Souvent, ce sont les grandes entreprises qui s’exportent parce qu’elles ont des experts. Les PME, elles, ont peur de l’inconnu. Nous sommes là pour leur montrer que c’est possible », souligne notre invité.

Pour cela, le centre s’appuie sur un réseau de 16 bureaux de liaison en Afrique de l’Ouest, animés par des « co-développeurs » locaux. Ces relais identifient les opportunités, facilitent les implantations et accompagnent les démarches sur place.

Ce dispositif a permis, entre autres, de connecter le groupe Maroc Force Emploi à l’ASMEX pour renforcer l’offre de main-d’œuvre qualifiée à l’export, ou encore de rapprocher l’agence urbaine de Kénitra et celle de Dakar autour de projets communs. « Ce sont des exemples concrets de ce que peut produire une mise en relation bien structurée », explique M. Koudo.

Une approche multisectorielle et ancrée sur le terrain

L’action du CIOC ne se limite pas à un secteur spécifique. L’agroalimentaire, le pharmaceutique ou encore le BTP font partie des domaines où ses équipes sont actives. « Nous travaillons avec plus de 130 co-développeurs, dans tous les secteurs », indique le CEO.

En parallèle, le centre joue un rôle d’interface pour faciliter l’accès aux marchés publics à travers le continent, un levier encore peu exploité par les PME. Le CIOC aide ainsi à identifier les appels d’offres, à constituer les dossiers et à sécuriser les étapes de soumission.

Pour faire émerger de nouveaux partenariats, il organise aussi des missions commerciales sectorielles. « Nous formons des groupes de cinq ou six entreprises pour maximiser l’efficacité. Nous organisons les rencontres, activons nos bureaux de liaison, identifions les interlocuteurs, et le reste suit », explique-t-il.

Accompagner, sécuriser, structurer

Les obstacles à l’export sont bien connus : fiscalité, douanes, logistique, réglementation… Pour Mouhamed Koudo, il ne s’agit pas de les ignorer mais de construire, avec les entreprises, des trajectoires sécurisées. « Notre rôle, c’est de démystifier les procédures, d’amoindrir les risques financiers et logistiques. Nous connectons les entreprises, nous leur construisons un chemin », affirme-t-il.

L’entrée en vigueur progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constitue un signal encourageant, mais selon lui, les avancées concrètes doivent venir du terrain. C’est là que le CIOC entend poursuivre son action, en renforçant la coordination régionale et les synergies entre acteurs.

Une ambition continentale

Déjà présent dans 16 pays d’Afrique de l’Ouest, le CIOC Trade envisage d’élargir son périmètre à l’ensemble du continent. À court terme, ses efforts se concentrent sur la consolidation des connexions existantes, en particulier dans les zones à fort potentiel économique.

« Notre ambition est d’accompagner les entreprises marocaines et africaines à s’implanter sans peur, sans tracas. Nous voulons leur ouvrir le continent », conclut Mouhamed Koudo.

emission thirrey

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