Dar Bouazza: la justice ordonne l’évacuation de 460 cabanons, le cri du coeur des résidents (vidéo)

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Quelque 460 cabanons situés sur un terrain privé à Dar Bouazza sont concernés par une décision de la Cour d’appel de commerce de Casablanca ordonnant leur évacuation à partir du 24 juin.

Ce vaste terrain, portant le titre foncier n°30.888 et appartenant à la famille de l’ancien président de la commune de Dar Bouazza, Hicham Ghafir, se trouve à l’arrière du célèbre parc de loisirs Crazy Park. Connu sous le nom «Camping Caravaning International Desserte des plages», cet espace accueille environ 460 familles, dont la majorité a fait de ces cabanons leur unique lieu de vie, et non une résidence secondaire destinée à passer des vacances ou profiter des plages de la région.

Les habitants ont été profondément choqués et indignés en découvrant, collé sur le portail principal, un simple avis d’expulsion leur ordonnant de quitter les lieux à compter du 24 juin 2025.

«Nous surpris par cette décision. Le propriétaire ne nous a rien signalé. Il n’y a eu ni réunion préalable avec les résidents, ni annonce officielle. Nous vivions notre quotidien normalement, réglions nos factures annuelles sans problème, jusqu’à ce que nous recevions cet avis il y a environ deux semaines», témoigne une résidente au micro de H24Info.

Certains résidents vivent dans ce camping depuis 1982 ou 1984. Les cabanons avaient été initialement construits par les propriétaires du terrain eux-mêmes, puis mis en vente. Plusieurs familles les ont acquis par cession, à des prix variants entre 200.000 et 300.000 dirhams, selon la superficie.

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Les résidents expliquent qu’ils s’acquittent chaque année de frais allant de 6.000 à 8.000 dirhams, couvrant l’électricité, l’eau et des services tels que l’animation et l’entretien, bien que, soulignent-ils, ces services ne soient pas réellement assurés.

«Nous avons acheté ces cabanons à une époque où Dar Bouazza n’avait aucune valeur foncière. À l’époque, ce n’était qu’une zone rurale peu développée, composée de terrains agricoles. Aujourd’hui, les terrains prennent de la valeur et on cherche à nous évacuer sans considération», déplore une résidente.

Pour de nombreuses familles, ces cabanons représentent des décennies de souvenirs, de stabilité et d’efforts personnels. Beaucoup ont eux-mêmes financé l’aménagement et la construction de leurs logements. Ils y ont élevé leurs enfants et y ont construit leur vie.

«Nous ne sommes pas contre la loi, ni en faveur de l’anarchie. Nous comprenons que le terrain est privé, mais nous demandons des solutions alternatives, des projets de relogement ou la possibilité de construire des appartements pour continuer à vivre dignement», plaident les habitants.

À l’approche de la date limite fixée par la justice, l’inquiétude grandit. Les habitants ne savent ni où aller, ni comment faire face à cette décision qui menace de les déloger d’un lieu qu’ils considèrent comme leur unique foyer.

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