Fintech: un livre blanc pour aligner l’écosystème marocain sur les dynamiques internationales

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Mustapha Lahlali Fintech MFC
Mustapha Lahlali, Président du Morocco Fintech Center (MFC)

15 mois après avoir vu le jour, le Morocco Fintech Center affirme sa volonté d’accélérer l’écosystème marocain en vue de rattraper un retard qui n’a pas lieu d’être. Une ambition traduite dans le livre blanc qu’il vient de publier et présenté par Mustapha Lahlali, son président, lors du Visa Fintech Day tenu mardi à Rabat.

Le Morocco Fintech Center (MFC) veut aller vite pour faire rattraper au Maroc le retard accusé dans le développement de la Fintech, sans toutefois mêler vitesse et précipitation. C’est ce qui ressort de la présentation faite par Mustapha Lahlali, directeur exécutif du MFC, devant le parterre de fintech, de décideurs et de partenaires réunis dans la Tour Mohammed VI de Rabat ce mardi lorsqu’il présentait le livre blanc sur la Fintech.

Un livre blanc paru dans un délai assez diligent, il y a de quoi : «8 licornes sur les 12 que compte l’Afrique sont des fintech», dira l’interlocuteur. Pour donc « aligner » le Maroc sur les standards internationaux et saisir pleinement l’opportunité que représentent les fintech, il fallait mettre tout en œuvre pour rattraper et accélérer les startups locales. Mais pas qu’elles : également les régulateurs, les investisseurs et les décideurs publics.

Pour faire saisir pleinement l’intérêt de ce document, Mustapha Lahlali a situé le contexte de sa publication. «Le monde financier subit une transformation accélérée, profonde», a-t-il expliqué. Les services financiers se numérisent à grande vitesse, l’open finance prend de l’ampleur, les paiements instantanés deviennent la norme et l’intelligence artificielle redéfinit l’expérience utilisateur. «Ce ne sont pas des tendances, ce sont des faits», a insisté le directeur exécutif, soulignant que la règle du jeu est déjà en train de changer.

Une fois cela fait, l’homme a mis le spotlight sur le Maroc dans cette dynamique. La stratégie digitale 2030 qui a tracé un cadre ambitieux, l’inclusion financière plus énergique, un développement de la finance durable et une montée en puissance des fintech locales. Pour le boss du MFC, il ne fait aucun doute que la fintech, «c’est un secteur à très haut potentiel », défendant que  le Maroc doit saisir cette vague et transformer son retard en opportunité.

Un document, des enseignements

Poursuivant, Lahlali a précisé les multiples vocations du livre blanc, qui font que:  «il ne s’agit pas d’un rapport pour rendre compte, mais d’un document pour aligner». Ainsi, le texte doit servir de base de référence pour les décideurs publics, afin d’éclairer leurs choix stratégiques ; pour les régulateurs, afin de considérer les fintech comme des partenaires et non des concurrents ; pour les fintech elles-mêmes, qui ont besoin d’une image réelle du marché ; et pour les investisseurs, afin de disposer d’une vue claire des opportunités.

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Aussi, ce livre blanc s’adresse aussi aux médias, aux universitaires et aux partenaires internationaux. «Il doit montrer où se trouve le Maroc et où il va», a résumé Lahlali. L’ambition est donc collective : fédérer les acteurs autour d’une vision commune et crédible.

De plus, l’étude menée en amont a permis de mettre en évidence plusieurs points. D’abord, une maturité institutionnelle qui peut permettre au Maroc non seulement de rattraper son retard, mais aussi d’accélérer son développement. Ensuite, des défis opérationnels à relever : nouveaux modèles économiques, agilité réglementaire, financement early stage, open banking, optimisation des talents et des compétences. «Nous devons adapter la réglementation aux nouvelles expériences», a insisté le directeur exécutif.

Fintech marocaine: vision tournée vers l’Afrique

Par ailleurs, Mustapha Lahlali a souligné que l’année 2026 doit être celle de la concrétisation. Après avoir écouté une trentaine de fintech et mobilisé les douze membres fondateurs, le Morocco Fintech Center veut transformer cette réflexion en action. « Nous avons voulu démontrer que la fintech doit être inclusive, innovante et résiliente », a-t-il affirmé.

Terminant, le dirigeant a insisté sur la dimension continentale. «Si nous visons un développement à l’échelle africaine, nos solutions doivent être conçues dès le départ pour l’Afrique», a-t-il déclaré. Pour lui, la compétitivité du Maroc dans la fintech peut lui permettre de conquérir d’autres marchés et de rayonner au-delà de ses frontières.

Il faut retenir de son intervention que cette première édition appelée à évoluer, sera actualisé tous les deux ans et traduit en anglais pour une diffusion internationale. « Ce n’est qu’un début », a conclu Lahlali.

En clair, avec ce livre blanc, le MFC veut donner un cap clair : structurer, accélérer et internationaliser l’écosystème marocain. L’objectif est simple mais ambitieux : faire du Maroc un acteur crédible de la révolution fintech, en phase avec les standards mondiaux et capable de transformer ses atouts en leviers de compétitivité et d’inclusion.

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